25 avril 2019 par Monsieur Bulles
2009 de H. Blin Alors que l'excellent millésime 2008 de la plupart des maisons est en vente depuis 2 ans, on voit le 2009 sortir progressivement et comme toujours avec les années en 9 depuis 50 ans en Champagne, on déguste des vins plein et mature dès leur commercialisation. C'est en s'associant à 28 confrères récoltants en 1947 qu'Henri Blin enregistre la coopérative qui porte son nom. Bénéficiant alors d'une quinzaine d'hectares, ceux-ci vont grossir avec le temps pour atteindre aujourd'hui 110 hectares que se partage une centaine d'adhérents qui mettent en avant le pinot meunier, majoritaire dans les cuvées de la marque.
Commentaire de la cuvée Vintage 2009 Brut de H. Blin :

Vraiment expressif au nez - comme plupart des 2009 déjà commercialisés - et particulièrement pâtissier, on perçoit des notes de crème aux oeufs, de kouglof, puis de réglisse à l'aération. L'effet beurré perdure en bouche, ce sont alors des arômes de pâte sablée qui s'accrochent aux papilles grâce aux perles de la texture crémeuse. 
Quelques amers tutoient l'acidité de jeunesse qui pointe encore en finale, ce champagne plus mature rapidement que le millésime qui a précédé, est délicieux à boire aujourd'hui et les patients qui ont un cellier, pourront aussi l'y glisser jusque 2024.
Je préconise aux impatients de l'accompagner avec un homard - qui arrive bientôt sur le marché - au beurre blanc aromatisé de sel de truffe (léger sur la truffe)...
72 $ en importation privée / agence Cellier des Cigales : 514 352 2888

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23 avril 2019 par Monsieur Bulles
les réseaux sociaux Sans internet, ils n'existeraient pas. Et avant internet, ils existaient peu, ils n'avaient pas de crédibilité, certains ne connaissaient ni le vin, ni la gastronomie. La plupart ne travaillaient pas dans le vin ou la gastronomie, et la majorité ne travaille toujours pas dans ce milieu. Qui ça ? Les influenceurs (-ceuses). Leur force ? Le culot et l'ambition. Leur faiblesse ? Le culot et l'ambition.
Aujourd'hui, leur crédibilité est validée par leurs "selfies" et le nombre de "likes" sur leurs publications. Ils ne vantent pas leur pertinence lorsque vous les croisez, ils vantent leurs "likes"; qu'ils peuvent acheter, puis monnayer, pour pouvoir se faire de nouveau inviter dans les dégustations, les soirées, les évènements ou mieux, pour négocier un voyage, tous frais payés !

Le but est de se montrer. Et de montrer qu'on vous a regardé, qu'on vous a "liké" !

Car il n'est pas utile d'être compétent pour être influenceur (-ceuse). 
Il suffit d'être au bon endroit, au bon moment, et de le faire savoir. Et parfois, de copier/coller !

Et si vous postez un selfie avec une personnalité, souvent plus gênée qu'enjouée d'avoir été alpaguée, vous devenez l'influenceur (-ceuse) du moment, de la semaine, du mois, de l'année. 
L'influenceur des influenceurs, ouah ! 

A vrai dire, tout cela ne me dérange pas. 
Notre société vit à travers les petits écrans qui donnent l'illusion à ceux qui en abusent qu'ils ont la reconnaissance d'un public, même s'ils ne le connaissent pas, ce public. 
Ces petits écrans miroirs font du bien à l'égo; on se sent suivi, aimé, reconnu, voire désiré. 
Ils sont devenus essentiels pour nos ados qui traversent justement une période où tout doit se rapporter à leur égo. 
Les parents, les adultes, comprennent cette période, ils la subissent, ils en rient, ils laissent le temps faire son oeuvre. 
La vie est ainsi.

Cependant, les réseaux sociaux confirment un état d'esprit, propre à ce début de siècle : l'état "adulescent". 
Un adulte à l'esprit adolescent.
Y en aurait-il beaucoup chez les influenceurs (-ceuses) du vin et de la gastronomie ?

Ils n'affichent pas l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Ils s'affichent avec l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Et bien sûr, leur visage ou leur silhouette est bien plus visible que le produit montré.
Tout cela n'est que formel. Tout est dans la façade. 
À une époque où le poids des mots est occulté par le choc des photos, c'est bien normal. 
Que Paris-Match se le tienne pour dit !

Les réseaux sociaux sont des flatteurs d'égo et depuis qu'ils existent, on accepte ces manifestations, souvent pathétiques, qui illustrent une société en manque d'amour et, paradoxalement, en manque de communication. 
Parce que j'entends souvent l'influenceur (-ceuse) se défendre, en me répondant qu'il communique, qu'il donne son opinion, lorsque je lui manifeste mon avis au sujet de ses likes vantards. 
La preuve, me répond t-il, qu'il communique : ses milliers de "followeurs" attendent son opinion. Ses followeurs spontanés et... achetés.
Et pour mieux se justifier, il affiche aussi tous les "Award" qu'il a reçus, tous les pseudo diplômes accrédités seulement par l'entreprise qui les donne !  Et parfois, cette entreprise n'est que virtuelle, elle n'existe que sur internet ! Ben oui, autant s'auto-congratuler entre nous !

Peut-on s'entendre sur le fait que balancer 50 fois la même photo de soi-même, habillé ou en déshabillé, avec un steak frites, un verre de vin, une crème de jour ou un sac à main, debout, assis ou à quatre pattes, n'est plus une transmission d'information, mais bel et bien une transmission de sa névropathie. Presque un appel au secours...

L'influenceur (-ceuse) ne cherche que la reconnaissance d'autrui, aussi éloigné et inconnu, soit-il. Il pense communiquer, mais il communique avec son miroir, ses selfies. C'est plus rassurant. Et ça fait tellement du bien de compter les "likes" qui apparaissent. C'est le prozac du 21 ème siècle !

Je vous assure, tout cela ne me dérange pas. Non, ce n'est pas cela qui me dérange.

Ce qui me dérange aujourd'hui avec eux, c'est l'absence d'humilité et le désir de plaire à tout prix ! 
Au prix de dégrader leur propre image, sans même sans rendre compte. 
Parce qu'il y en a des honnêtes et des compétents, des influenceurs (-ceuses). Mais ils sont devenus minoritaires. 
Et cette minorité n'ose pas dénoncer la majorité. Elle est obligée de suivre, voire de subir les excès de cette dernière. La solidarité est un principe chez l'influenceur (-ceuse). Plaire à n'importe quel prix.

Au prix, par exemple, de dégrader le vin qu'il montre, sans même que le vigneron ou son représentant ne s'en rende compte. 

Comment ?
Par le plus vieux procédé du monde que l'homme ou la femme connaisse. 
En dévoilant sa plastique, en affichant ses courbes !

Le produit est devenu une excuse pour s'afficher de quelque bonne ou mauvaise manière que ce soit et surtout, coûte que coûte ! Glissez les bidous par ici...

Oui, je sais, certains lecteurs vont me répondre : "tu le fais aussi, on te voit avec tes bouteilles dans tes voyages, entouré de vignerons ou d'autres journalistes privilégiés".
En effet, je le fais aussi. Je me suis adapté. J'ai évolué avec mon temps. Un temps passablement bousculé, soit dit en passant, dans les métiers de l'information.
Et j'en suis plutôt fier parce que je suis issu de cette génération, née sous De Gaulle, qui a commencé au stylo ! Même pas à la machine à écrire ! J'ai touché mon premier clavier d'ordinateur à 25 ans ! Vous imaginez donc le grand écart d'adaptation : passer de l'encre à l'écran !

Alors oui, j'assume tout.

Mais vous ne me verrez jamais les fesses à l'air ou autre chose à l'air, avec une  bouteille à la main.
Et pourtant, je vous jure que je peux avoir les services du meilleur photographe au monde pour les mettre en valeur... ces bouteilles !

Les derniers billets de Marc Chapleau - celui-la - et de Marc-André Gagnon - celui-la - parlent clairement de Joanie Métivier qui, malgré la régulière couverture des dégustations auxquelles elle participe, prouvant sa bonne volonté professionnelle, ne gomme pas la façon aguichante et dérangeante de faire valoir cette dernière. 

D'où la controverse de ces derniers jours...

Dans tous les cas, Joanie Métivier doit avoir la caution et la considération de bien des agences de vins puisqu'elle reçoit régulièrement de leur part, des bouteilles et des invitations à luncher et à voyager avec son conjoint. 

Et elle s'est vue récemment offrir la rédaction en chef du magazine Vins & Vignobles, publication de référence dans notre domaine depuis 20 ans, au Québec. 
Elle l'a naturellement annoncé sur les réseaux sociaux. 

Quelqu'un a donc bien dû lui trouver de la compétence, au-delà de ses courbes dévoilées ! Non ?

Donc, à moins que ce magazine ne se glisse dans les prochains mois, dans le rayon des librairies où l'on place habituellement les revues de la catégorie "Adultes", laissons à la jeune femme le temps et la réflexion pour démontrer sa responsabilité, sa pertinence et sa légitimité à travers cette nouvelle fonction.

Comme la formule le dit : laissons-lui une chance.
Car, en ce qui me concerne, je préfère me convaincre - en fait, je l'espère - que Joanie Métivier traverse seulement sa crise d'adulescence...

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22 avril 2019 par Monsieur Bulles
lapiaz Michel Tissot a été parmi les premiers vignerons du Jura a faire pétiller ses vins dans les années 1920. Quant aux vins Henri Maire, ils sont devenus la locomotive de la région. Le vignoble Tissot a été racheté par le groupe Boisset il y a 15 ans et en 2014, ce dernier acquiert la maison Henri Maire. Il fallait des bulles pour symboliser cette association locale. L'expertise en la matière de Georges Legrand et Marcel Combes, responsables du succès des crémants de Bourgogne Louis Bouillot depuis 25 ans, a fait le reste ! La cuvée Lapiaz - nom d'une roche calcaire à rigoles, typique du Jura - est un emblème. Ne la manquez pas !
Commentaire du crémant du Jura Tissot-Maire - Cuvée Lapiaz - Brut : 

Expressive et pourtant délicate, cette cuvée offre de subtiles notes pâtissières (pâte feuilletée, sucre brun) au nez qu'on retrouve dès l'attaque en bouche avec quelques touches d'hydromel se laissant saisir en finale de dégustation. 
On apprécie une texture ronde, conduite par une effervescence maîtrisée aux bulles foisonnantes et nouées. L'enveloppe est quelque peu citronnée.
Ce crémant du Jura joue la carte du classicisme, celui du mousseux qui garantit un plaisir simple et qu'il est facile d'avoir en permanence dans son cellier. 
Surtout à ce prix.
Idéal à l'apéritif, le Lapiaz Brut de Tissot-Maire peut facilement convenir avec un jeune comté, coupé en petits dés, si vous aimez les accords régionaux !contre étiquette Tissot Maire

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20 avril 2019 par Monsieur Bulles
Rhum Rosemont Bouilleur de cru, Lilian Wolfersberger s'est fait connaître en élaborant le rhum Sainte Marie au Québec. Désormais, il dirige avec son associé Stéphane Dion la Distillerie de Montréal, sise au coeur de la ville. Toutes les eaux-de-vie sont issues d'un alambic charentais Chalvignac. Le rhum est élaboré à partir de mélasse provenant d'Amérique du Sud. Toutes les baies et toutes les épices arrivent fraîches et sont traitées sur place.
Comme je l'ai écrit dans un précédent article, afin que les règles en matière d'affichage des origines d'eaux-de-vie évoluent dans le bon sens au Canada, la Distillerie de Montréal est l'une des rares entreprises québécoises a réellement élaborer ses produits, sans importer l'alcool de base d'ailleurs.

Distillerie de Montréal 
Rosemont Rhum
Rhum blanc 
Canada, 750 ml 
Code SAQ : 14033401
40 $


La plupart des rhums blancs continentaux sont employés en cocktail, rarement en dégustation seule, en raison de leur souplesse et de la variété assez pauvres des arômes. 
Plus gras que ces premiers, ce rhum a également un degré d'alcool plus élevé (43%) que les autres, d'où sa distinction et des parfums plus riches, toutefois salins (iode, zeste) et une longueur en bouche appréciable. En ti'punch ou seul avec des huîtres.

Distillerie De Montréal 
Rosemont Rhum
Rhum ambré 
Canada, 750 ml 
Code SAQ : 14018359
36,75 $

Les épices sont bien là, elles explosent en bouche après une longue finale, à travers un caractère pimenté original et bien présent, minutieusement dosé, puisque non agressif.  
La chair est ronde, voire enveloppante grâce à une sucrosité qui rappelle à la fois les toffee et les bananes flambées. L'ensemble est séduisant, car la richesse gomme la puissance de l'alcool. Chocolat noir à croquer à prévoir...
Un rhum traditionnel du nord qui concurrence aisément ceux du sud !

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15 avril 2019 par Monsieur Bulles
Rotkäppchen Fondé en 1856, à une époque où une partie de l'Allemagne est encore la Prusse, Rotkäppchen (Le Petit Chaperon rouge, en allemand) qui était encore, avant 1989, de l'autre côté du rideau de fer, est devenue l'une des plus imposantes entreprises vinicoles sur la planète ! Championne des bulles allemandes (Sekt), elle en commercialise annuellement 180 millions de bouteilles ! Contrôlée par les Nazis, puis par Soviétiques et enfin par les communistes de l'ex RDA, elle vendait à peine 1,8 million de bouteilles avant la chute du mur de Berlin. 30 ans plus tard, elle en vend 100 fois plus !
Société basée à Freyburg en Saxe-Anhalt, elle n'élabore pas que des bulles puisque 45 millions de bouteilles de spiritueux et 25 millions de bouteilles de vins tranquilles sortent chaque année sous ses différentes marques. 
Rotkäppchen, c'est 55 % de la production du vin effervescent allemand !

En 2002, la société rachète à Seagram les marques Mumm & Co, MM Extra et Jules Mumm, laissant au groupe Pernod-Ricard le champagne GH Mumm. Un an plus tard, elle met la main sur la marque Geldermann qui va devenir son haut de gamme en matière de bulles, puis la marque Blanchet entre à son tour dans la société.

Le succès des bulles de la société passe depuis 20 ans par une communication publicitaire à l'année longue, tandis que la concurrence se réveille surtout lors du dernier trimestre de chaque année, visant surtout les fêtes de noël et du nouvel an. Si les Allemands sont les premiers consommateurs de bulles dans le monde, Rotkäppchen y est pour beaucoup.

L'autre point de la stratégie gagnante au niveau des Sekt de la société réside dans leur tarif : il est le même pour tous les vins ! 5 euros. Quel que soit le marché, le groupe vend ses vins au même prix. Si le détaillant offre un rabais ou augmente ce dernier, c'est lui qui assume les effets.

Lors d'une visite récente des installations, le directeur de production confiait que la chaîne d'embouteillage fonctionne 24h/24h, cinq jours sur sept ! 
50 000 bouteilles par heure sont etiquetées, emballées et expédiées !

Lorsqu'on analyse donc la gestion et les chiffres de l'entreprise, on ne peut être qu'admiratif.

Toutefois, le groupe a un souci majeur depuis longtemps : 97 % de son marché est allemand. 
Et si certaines étiquettes présentent une qualité honorable, capable de rivaliser avec les meilleurs effervescents internationaux, personne ne le sait. 
Le monde ne connaît, pour ainsi dire, aucune de ses marques. 

L'acquisition du prosecco Ruggeri en 2017 est à considérer comme une nouvelle étape dans l'évolution de Rotkäppchen : la conquête d'un marché international. 

Le petit chaperon rouge est sorti du bois. Va t-il s'attaquer à d'autres loups hors d'Allemagne dans les années 2020 ? Dans tous les cas, il est équipé pour le faire...


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Le voyage et les visites de domaines viticoles en Allemagne ont été organisés par Wines of Germany

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12 avril 2019 par Monsieur Bulles
faux sirop Depuis bientôt 10 ans maintenant, des distilleries s'érigent au Québec et offrent des eaux-de-vie originales où la créativité est la signature de chaque marque. Les meilleures sont généralement celles issues de céréales, puis celles de pommes ou de poires, de petites baies et enfin d'érable. Et puis, il y a les rhums ! Et oui, dans un pays où la canne à sucre est logiquement absente, on fait du rhum ! En fait, certains arrivent - déjà élaborés - des Antilles en conteneur pour être retravaillés ou épicés, d'autres sont issus de mélasse qu'on fait venir du bout du monde, pour être distillée dans la belle province. Toutefois, ne trouvez-vous pas curieux de faire du rhum au Québec ? Car, ce qui me chiffonne le plus, c'est qu'on nous les présente comme des produits 100 % Québec !


Je pense les avoir tous goûtés. 
Du moins, jusqu'à la semaine dernière, car à la vitesse où les alcools québécois sont lancés sur le marché depuis 2 ans, il se peut qu'il en sorte un nouveau aujourd'hui ou demain.
Je parle ici des rhums du Québec; élaborés au Québec !
Et le simple fait d'écrire rhum du Québec, c'est comme écrire ananas de Suède, citron d'Islande ou papaye d'Angleterre ! 
C'est incohérent. 
C'est incohérent parce que c'est naturellement impossible.
Pourtant, quand j'ai exprimé cette opinion à des élaborateurs de rhum au Québec, ils ont froncé les sourcils. 
On m'a regardé comme un naïf, un conservateur, un pointilleux. 
Je touchais à l'esprit créatif en formulant l'absence d'authenticité, donc j'étais un rabat-joie. Même si je reconnaissais la qualité du produit transformé...
Elle est pourtant bien tangible cette absence d'authenticité ! Il n'y a absolument rien de Québécois dans ces rhums ! Rien !
Sauf la créativité de leurs élaborateurs. 
Et je reconnais ici qu'elle est remarquable.
Il y a certes de la foi dans ces rhums du Québec, mais c'est de la mauvaise foi. 
Oui, je lis sur certaines bouteilles les précisions "affiné", "épicé", "vieilli", signifiant que le produit est transformé ou achevé ici, au Québec. 
Et oui, le consommateur - bien averti seulement - sait que Bacardi, Captain Morgan, Carioca ou Lamb's sont des rhums d'ailleurs, embouteillés au Canada. 
Mais ne jouons-nous pas trop sur les mots, sur la calligraphie, sur la mention d'un pays ou d'une marque en petits caractères qui infusent dans le subconscient du consommateur une authenticité finalement sournoise ?
Appelons-les eau-de-vie de mélasse, eau-de-vie à base de rhum ou eau-de-vie de plantes, mais s'il vous plaît, n'allons pas ternir l'image du rhum, car ces créations, parfois, n'ont pas le goût du rhum. 
Ou lorsqu'elles l'ont, c'est grâce à un embouteillage de vrai rhum, sans artifice ajouté, qui vient d'une île des Caraïbes ou d'Amérique du Sud, avec une étiquette qui elle seule, est Made in Québec
Très peu de distilleries québécoises, aujourd'hui, distillent réellement de la mélasse importée. 
Et aucune ne distille du pur jus de canne à sucre, simplement parce que ce n'est pas possible.
Qu'ils soient agricoles ou traditionnels, il y a suffisamment de vrais rhums ordinaires sur la planète. 
Dispensons-nous d'en allonger la liste. Élaborons des gins, des vodkas, des whiskys, des eaux de vie d'érable ou de petits fruits locaux car là, nous sommes originaux, attirants, compétents, authentiques et faciles à promouvoir. 
Là, nous sommes vraiment 100 % Québec.
Avec le rhum, on brouille les cartes et nous sommes tous naïfs.
"Oui, mais la demande est là" me répond t-on. "Le consommateur est satisfait de ce qu'on lui offre. Il y a un marché".
Certes. Et je reconnais qu'il y a des transformations délicieuses, élaborées dans la province.

Dans ce cas, que l'origine géographique du rhum embouteillé ou de la mélasse transformée soit inscrite sur l'étiquette de la bouteille !

Arrêtons de marcher sur la tête.
Parce que le jour où l'on verra arriver dans nos épiceries du sirop d'érable aux couleurs des Havana Club, Trois Rivières, Saint-James, La Mauny, Dictador ou Diplomatico de ce monde, évidemment produit au Québec, mais "encanné" sous le soleil des tropiques "parce qu'il y a un marché", j'en connais plus d'un, ici, qui manifesteront leur colère, en brandissant un petit drapeau fleurdelisé au nom du respect de l'authenticité.

Et quoiqu'il arrive, si la Martinique élabore demain du sirop d'érable, le buzz est assuré, comme disent les Français. 
Il est certain que le monde entier voudra y goûter ! 
Moi le premier !


2 eaux-de-vie Québécoises issues de mélasse de sucre de cannes à sucre, affichant le terme Rhum, s'approchent par leurs saveurs et leur comportement de  "vrais" rhums : Le Sainte-Marie et le Rosemont. 
Rhum Rosemont

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12 avril 2019 par Monsieur Bulles
Chaîne d'embouteillage Avec un vignoble dont plus des deux tiers est planté de cépages blancs (principalement riesling et müller-thurgau), l'Allemagne est le troisième producteur de vins effervescents dans le monde (20 millions d'hectolitres annuellement) et surtout, le premier consommateur de vins effervescents, toutes méthodes d'élaborations confondues ! En effet, les Allemands importent en plus 1,3 millions hectolitres de mousseux et de perlants étrangers ! C'est pourquoi, on connaît mal le vin effervescent germanique hors de l'Allemagne, puisqu'il est surtout consommé par les Allemands !
On compte actuellement 1362 entreprises artisanales et industrielles qui produisent du vin effervescent en Allemagne.
Les trois premiers producteurs de vin effervescent (ou Sekt) sont le groupe Rotkäppchen-Mumm, le groupe Schloss Wachenheim et le groupe Henkell-Söhnlein. 
À elles trois, c'est 80 % de la production de bulles du pays !

Rotkäppchen (la capsule rouge) est presque devenu un nom commun en allemand, fort du succès depuis plus d'un siècle des bulles de la marque. On n'achète pas un mousseux de l'autre côté du Rhin, on achète du Rotkäppchen.

Les vins effervescents allemands sont classés en trois catégories déterminées, non pas par la provenance géographique en priorité, mais par le poids et la qualité du moût pour la cuvée, puis la méthode d'élaboration : le Schaumwein (vin mousseux), le Qualitätsschauwein ou Sekt (mousseux de qualité) et le Qualitätsschauwein bestimmter Anbaugebiete (mousseux de qualité provenant d'une région déterminée).

Schaumwein

Vin dont l'effervescence est obtenue par la première ou la seconde fermentation alcoolique des raisins, du moût de raisin ou d'un vin sec qui dégage du dioxyde de carbone à l'ouverture de la bouteille. Sa teneur minimum en alcool doit être de 9,5 % et la surpression par le CO2 supérieure à 3 bars. Il peut être élaboré en brut nature, extra-brut, brut, extra dry, demi-sec et doux.

Qualitätsschauwein ou Sekt

Mousseux qui peut être élaboré selon la méthode en cuve close, la méthode de transfert ou la méthode traditionnelle. Après la deuxième fermentation, ils doivent titrer au moins 10 % d'alcool et 3,5 bars de pression.
Le terme Sekt provient de l'évolution et de la dérivation du mot Sack qui, du 16ème  siècle au 19ème siècle, désigna d'abord les vins mutés espagnols, puis le Xérès et enfin, un vin blanc, parfois mousseux, qu'on servait dans les tavernes allemandes. 
Ce dernier obtint son nom à cause du dramaturge allemand Ludwig Devrient qui, en 1825, demanda en entrant dans un restaurant, un verre de Sack à la manière du héros shakespearien Falstaf. Le personnel ne comprenant pas le comédien, on lui servit un verre de vin blanc pétillant. L'anecdote berlinoise devint nationale et après quelques années, on désigna un vin qui pétillait par le terme Sekt. 
Le Sekt peut être élaboré avec tous les cépages autorisés par l'Union européenne. Cependant, si la mention Deutscher Sekt est inscrite sur l'étiquette, les cépages doivent provenir d'Allemagne. Enfin, si la mention Sekt b.A. est indiquée sur l'étiquette, les cépages doivent provenir d'une région allemande déterminée (voir catégorie suivante). 
En outre, la mention Winzersekt signifie que le vin effervescent est entièrement artisanal, qu'il a été élaboré depuis la conduite de la vigne jusqu'à la mise en bouteille, par le vigneron, sur son domaine. 
Les cépages les plus utilisés pour l'élaboration des meilleurs vins, c'est-à-dire les Deutscher Sekt, sont le riesling, le pinot noir, le pinot meunier, le pinot gris, le pinot blanc, le sylvaner, le chardonnay, le rieslaner, l'elbling, le kerner, le scheurebe et le gewurztraminer.

Qualitätsschauwein bestimmter Anbaugebiete

Ces vins suivent les mêmes règles que la catégorie précédente, tout en étant originaires d'une région délimitée. Enfin, une fois élaborés, ils sont testés par un comité d'au moins trois experts d'État qui déterminent si les conditions de couleur, de limpidité, d'effervescence et de caractéristiques des cépages sont représentatives des qualités de l'appellation. 

À ces trois catégories, on peut ajouter le Perlwein, un vin pétillant qu'on a vulgarisé sous le nom de « Secco ». L'essor du Prosecco d'Italie, devenu phénomène commercial, a indubitablement influencé les instances allemandes dans le choix de ce terme. Il se distingue du Schaumwein par des bulles plus fines qu'on assimile à des perles, d'où son nom. Il est toujours obtenu par une fermentation en cuve close et est élaboré en sec, demi-sec et doux. Sa production est industrielle, elle est la catégorie la plus produite en Allemagne. Elle s'établit à partir de moûts et de vins produits localement ou importés, en fonction des besoins et des prix du raisin naturel.

Crémant, la mention française autorisée

Enfin, depuis 2009, on peut rencontrer le terme Crémant sur une bouteille de bulles allemandes. Le consommateur peut être dérouté parce que même si le terme Crémant oblige l'élaborateur à suivre des règles strictes, adaptées à l'Allemagne en matière de cépages, qui sont les mêmes que celles instaurées pour la France, la Belgique ou le Luxembourg, il reste qu'il ne sonne pas très germanique. Ainsi, certains vignerons l'ajoutent à leur étiquette parce qu'ils prétendent que le terme est plus crédible, qu'il valorise la méthode traditionnelle. Généralement, ces vignerons sont proches de la frontière française, l'influence linguistique les a guidés dans ce choix. Sur la même étiquette seront mentionnés les termes Klassische Flaschengärung, garantissant la méthode classique (traditionnelle). 

Les mentions importantes qu'il faut connaître

Klassische Flaschengärung : méthode traditionnelle (seconde fermentation en bouteille).
Flaschengarüng : il s'agit de la méthode transfert, et non de la méthode traditionnelle (double fermentation dont une en cuve).
Il y a 3 vins effervescents allemands au répertoire de la SAQ.

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10 avril 2019 par Monsieur Bulles
Haddock Farnito Brut de Carpineto, c'est excellent !

24,40 $ / Code SAQ : 11341855

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9 avril 2019 par Monsieur Bulles
Rocca dei Forti L'italie viticole est le pays qui présente la plus grande diversité de vins effervescents dans le monde, aussi bien dans l'élaboration employée que dans les cépages sélectionnés. Toutes les régions du pays offrent des bulles ! Forcément, la médiocrité, même avec des tarifs plaisants peut être au rendez-vous. Et parfois, on trouve aussi une belle qualité abordable comme c'est le cas ici, avec les bulles de Rocca dei Forti, marque créée par le Groupe Togni qui, avec 13 millions de vins effervescents produits chaque année, est parmi les chefs de file du marché local.
Commentaire du Vino Spumante Biologico Brut de Rocca dei Forti :

Ugni blanc en français (trebbiano en italien), voici le cépage qui compose ce mousseux certifié biologique et qui, pour le prix, tire avantageusement son épingle du jeu des bulles, autour de 15 $ au Québec. 
Le dosage apparaît sensible en bouche, toutefois, les arômes de salade de fruits blancs sont nets et sont davantage soutenus que gommés par ce premier. L'attaque est vive, la finale est fruitée, l'équilibre est donc atteint sans complexité. Seul ou pour "toper" un cocktail comme disent les mixologues, ce mousseux de la région des Marches est à découvrir.  Contre étiquette Rocca
15,35 $ / Code SAQ : 13880166

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5 avril 2019 par Monsieur Bulles
Ultra-Brut de LP La maison Laurent-Perrier a été fondée en 1812 par la famille Pierlot qui s'associera à la famille Le Roy au milieu du XIXe siècle. Elle est transmise à la fin du siècle à Eugène Laurent, alors chef de cave qui, marié à Mathilde-Émilie Perrier, décide de « voir grand ». La maison prend le nom actuel. Achat de domaines, creusement de galeries, rénovation, l'essor est considérable, il mène au succès, il emporte aussi Eugène Laurent. Sa femme poursuit l'oeuvre jusqu'en 1914, année où la Grande Guerre éclate. La marque Laurent-Perrier subit les affres de la crise économique, les années 1930 l'entraînent au bord du gouffre... Marie-Louise de Nonencourt, née Lanson, reprend la maison lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Elle donne les rênes à son fils Bernard de Nonencourt en 1949 qui, patiemment, méthodiquement, va reconstruire Laurent-Perrier pour la conduire au sommet des grandes maisons, tout en élargissant le groupe par l'achat d'autres marques. Avec son décès, en 2011, c'est une époque qui s'en est allée et c'est aussi une partie de l'histoire de la Champagne qui nous a quittés.
Commentaire de la cuvée Ultra-Brut - Brut Nature de Laurent-Perrier.

Mère des cuvées au dosage en deçà de 3 grammes de sucre, la maison Laurent-Perrier a lancé celle-ci en 1981. 

Les Québécois l'auront attendue plus de 30 ans !! Elle est entrée en SAQ en 2012.

Elle offre une constance de goût de pureté étonnante. 
Très océane, très aérienne, très fraîche, on y décèle tout de même de la chair de fruits blancs (poires, pommes et même pêches) au niveau aromatique dans une effervescence en parfaite harmonie, à la fois "ozonée" et accrocheuse. 
Droite, minérale (plus graphite que crayeuse), évidemment apéritive, et pourtant consistante, cette cuvée peut facilement tenir à table sur une entrée de poisson à chair blanche ou par exemple, sur un carpaccio de pétoncles, subtilement citronné.
L'Ultra-Brut de Laurent-Perrier est une cuvée qui se doit d'être présentée avec quelques mots lorsqu'on reçoit chez soi, avec elle.
Code SAQ : 13879325 / 80 $

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