20 juin 2019 par Monsieur Bulles
Sortie Die C'est une histoire typiquement gauloise. Celle d'une querelle de chapelles futile dont les français ont le secret et l'exemplaire expertise ! Et l'exemplaire bêtise aussi, au point de freiner l'économie locale d'une région viticole et de ruiner un savoir-faire reconnu et disons-le, ancestral. Parce qu'il s'agit justement de la méthode ancestrale, modernisée ici : celle employée pour élaborer la Clairette de Die. Blanche depuis des lustres, les vignerons du Diois l'ont envisagée en rosé il y a quelques années. Lenteur de l'administration oblige, on a finalement abouti à un décret en novembre 2016 : la Clairette de Die Rosé était née. Aujourd'hui, elle est morte. Pas de sa belle mort. Tuée. Presque un coup de poignard dans le dos. Tuée par son voisin !
En France, le grand manitou du vin s'appelle l'INAO (Institut National de l'Origine et de la Qualité). Globalement, toutes les appellations dépendent de ses validations et de ses décisions après les tentaculaires palabres dont l'administration a le secret. Cependant, au-dessus du grand manitou, il y a le Conseil d'État, institution publique qui peut réexaminer un dossier et l'annuler.

En janvier 2018, le Conseil d'Etat français a annulé l'arrêté du Ministre de l'Agriculture homologuant l'extension du cahier des charges de la Clairette de Die au rosé, signé le 16 novembre 2016. Une annulation due à la demande trois fois répétée du syndicat viticole du Bugey-Cerdon.
Plus simplement, les vignerons du Bugey-Cerdon ont réussi à convaincre des fonctionnaires de l'administration politique, au pouvoir plus élevé que celui des fonctionnaires du vin, qu'il fallait tirer un trait sur la création d'un vin rosé effervescent élaboré par leur voisin de la Clairette de Die.
Pourquoi ?
Parce que la "tradition historique de vinification d'une Clairette rosée en méthode ancestrale n'existe pas".

Ce qui revient à dire qu'en France - et ce qui est plus grave, ce qui revient à entériner légitimement - que si votre ancêtre n'a pas eu une idée ou une habitude dans son travail, vous n'avez pas le droit de l'avoir !

La créativité, la création et l'innovation seraient-elles des droits acquis, des monopoles dans l'hexagone ?
Si je reste sur ce principe de la tradition historique, seule Limoux est donc en droit de faire des bulles en France, non ? (quoique Die en faisait déjà à la même époque.)
Ce qui est curieux, c'est que Bordeaux fait du crémant, Saint-Péray de la méthode traditionnelle et la Champagne en est l'impératrice. Pourtant, ces appellations n'ont même pas 3 siècles de tradition vinique en la matière.

Un autre point qui prête à sourire : La production totale annuelle, et de Cerdon et de Clairette de Die Rosé, aurait peut-être culminée à 2 millions de bouteilles. 
Sur l'échiquier viticole mondial qui fait plus de 2 milliards de flacons de bulles par année, quelque chose me dit que la concurrence aurait pu venir d'ailleurs... 
Si l'on parle de concurrence bien entendu, parce que dans les faits, ces deux appellations vendent 90 % de leur production chez elles, de part et d'autre du Rhône et du Vercors !

Et pendant ce temps, je connais des vignerons du côté de Venise et de Barcelone qui en sourient et qui se fichent pas mal de la "tradition historique" dans leur conquête des marchés, préférant s'occuper des modes de consommation, bien contemporaine...

Bravo à l'AOC Bugey-Cerdon (AOC depuis 10 ans faut-il le rappeler), merci de prendre le consommateur en otage et d'oublier le simple plaisir du vin. 
Ne changez rien.
Continuez de regarder les rangs de vignes de votre voisin français au lieu de vous informer sur ce qui se fait au bout du monde : vos enfants vous remercieront !
Et vive la France dont la jeunesse se barre à l'étranger !chemin de la clairette

Haut de page

18 juin 2019 par Monsieur Bulles
CM anniversaire Est-il bien nécessaire de présenter cette maison ? Elle a développé et fait connaître le prosecco dans le monde entier. Fondée en 1868 par le père de l'École d'oenologie de Conegliano, Antonio Carpenè - qui s'associa à Angelo Malvolti - , c'est son fils Etile qui va réellement construire la marque à travers les débuts de la publicité artistique. Toujours familiale, l'entreprise est aujourd'hui dirigée par l'arrière arrière petite-fille de son fondateur, Rosanna. Pour le 150ème anniversaire de la maison, une cuvée particulière, habillée et bouchée comme autrefois, a été lancée en 2018. Retour vers le futur, donc...
Commentaire de la cuvée Brut - Valdobbiadene Conegliano Superiore DOCG 

Floral, délicatement anisé à l'aération, cet effervescent se présente avec la typicité aromatique locale de salade de fruits blancs qui domine toutes les autres saveurs après un certain temps dans le verre. 
L'attaque en bouche les révèle davantage, les bulles sont fines, vives, nouées, elles forment une crème qui tapissent les papilles tout en illustrant le volume d'un mousseux parfaitement équilibré.
On déguste à la fois la simplicité et l'aboutissement vinique du Prosecco Superiore.

Apéritif abordable, bulles classiques pour un fromage de chèvre, bulles tendances avec un dessert "meringué" ou bulles idéales pour vos cocktails, à vous de choisir...
contre étiquette cm
29,80 $ / Code SAQ : 13971519

Haut de page

14 juin 2019 par Monsieur Bulles
Nicolas Flamel Crémant de Grain Il fallait un Québécois pour oser déposer le nom, Stéphane Morin l'a fait. Historien de la bière et brasseur, il nous avait déjà agréablement surpris avec sa cervoise gauloise Alésia, lancée il y a 6 ans, et dont la recette avait été inspirée d'une compilation de textes anciens sur le sujet. Avec ce crémant de grain Nicolas Flamel dont je vous laisserai découvrir le parcours sur l'étiquette de la bouteille, on revient dans le présent avec une double fermentation, qui a suivi une mise en barrique de 14 mois pour une lente oxydation. Le résultat est original et unique. N'y cherchez pas le goût de la bière, n'y cherchez pas non plus celui d'un crémant. Le point commun est l'effervescence naturellement créée et patiemment guidée. C'est tout.
Commentaire du Crémant de grain Nicolas Flamel :

Le nez est très expressif, à la fois sur la peau de citron, presque confit, les levures de boulanger et une curieuse note de réglisse.
L'aération les exacerbe, sans développer d'autres accents.
L'attaque en bouche est fraîche, citrique, vive, particulièrement fruitée (bergamote, lime) avec une légère touche d'orange amère en finale qui rappelle les olorosos...
La texture se distingue d'une "bière"' habituelle, car elle est à la fois soyeuse et persistante au niveau de sa fine pétillance; la double fermentation est loquace à ce stade.
Il ne faut pas chercher le goût d'une bière, mais celui d'une boisson à la fois maltée et fruitée, riche, originale, sans doute unique, davantage acidulée qu'amère, qu'un fromage puissant à croûte lavée saura accompagner ou, tout en restant marginal, qu'on tentera avec des huîtres dont le côté iodé pourra concurrencer la finesse citrique qui court tout au long de la dégustation. Bio Flamel
20 $ en épiceries fines au Québec

Haut de page

13 juin 2019 par Monsieur Bulles
Dan Gurney La tradition d'asperger du champagne sur le podium de la Formule 1 remonte à la fin des années 1960 et elle est due, comme souvent, à... un incident !

Lorsqu'en 1950, la ville de Reims accueillit une épreuve du Grand Prix de F1 sur le circuit de Reims-Gueux (le Grand prix de France), la maison Moët & Chandon devait remettre le trophée au vainqueur.

M Frédéric Chandon de Briailles et M Paul Chandon remirent alors un flacon de champagne de leur maison. La tradition d'offrir du champagne après une compétition sportive venait de naître. 
C'est le pilote argentin Juan Manuel Fangio qui l'inaugura.

La tradition de secouer une bouteille de champagne pour arroser les pilotes va naître 17 ans plus tard, lorsque Dan Gurney remporta les 24 h du Mans. Il répéta en fait, l'incident de l'année 1966 où, au même 24 h du Mans, remportés par Jo Siffert et Collins Davis, une bouteille de champagne explosa toute seule, lors de l'hymne national des pilotes, et arrosa l'assemblée.

Depuis, la tradition se perpétue dans les sports automobiles.

Haut de page

13 juin 2019 par Monsieur Bulles
20 ans Graham's C'est en acceptant d'être payé avec 27 "pipa" de vin de Porto que William et John Graham, deux écossais établis dans le commerce du textile depuis 1820, comprirent qu'il y avait davantage de profits à faire en vendant du vin plutôt que de la laine car, une fois ces fûts facilement revendus, il se lancèrent uniquement et définitivement dans ce nou­veau commerce en 1826. Graham's représente aujourd'hui le fleuron des marques de la famille Symington, avec Dow's, Warre's, Smith Woodhouse, Gould Campbell et Quarles Harris.

Commentaire du Porto Tawny 20 ans de GRAHAM'S : 

Robe translucide et brillante de couleur caramel foncé aux reflets orangés. Le premier nez est net, les arômes de noix de Grenoble sont expressifs. L'aération rappelle la caramélisation des rhums. 

L'attaque en bouche est particulièrement aromatique, les fruits secs (noix, noisettes et écorces d'oranges amères) s'imposent, c'est un vin enveloppant dans les parfums, sa texture est onctueuse, toutefois fine et lisse, sans lourdeur.

La finale est logiquement longue - on déguste un 20 ans - et la puissance, parfois imposante chez Graham's, est bien en place, juste positionnée pour soutenir les saveurs.

Les amateurs d'orangettes ont ici un vin muté tout indiqué, ceux qui préfèrent le fromage se dirigeront vers un vieux Sao Jorge...
Code SAQ : 12299610 / 60 $

Haut de page

10 juin 2019 par Monsieur Bulles
AF Nature Le domaine a vu le jour au 19ème siècle, mais il a longtemps été abandonné avant d'être heureusement repris à la fin des années 1970 par Franco Ziliani qui était alors à la direction de l'Azienda Agricola Guido Berlucchi. Depuis, Antica Fratta s'est hissée parmi les maisons d'appellation Franciacorta les plus cotées. À noter que les tarifs de vente de la gamme de cette marque sont particulièrement accessibles, comparativement à d'autres de l'appellation.


Commentaire de la cuvée Essence Nature Dosaggio Zéro 2009 de Antica Fratta - Franciacorta :


Issu du millésime 2009, ce vin a dix ans au moment de sa dégustation. Et pour une telle appellation, c'est l'âge minimum d'attente pour apprécier à la fois sa vinosité et le potentiel de garde qu'il peut encore avoir.
Le premier nez est axé sur un arôme particulier qui gommerait presque ceux de fruits jaunes qu'on devine en retrait : celui du tiramisu !

Cette torréfaction étonne et séduit, on sent le grué de cacao et le cappuccino avec quelques notes d'eau-de-vie de mirabelle. On pense la retrouver en bouche, toutefois, cet aspect grillé laisse la place à celui de l'hydromel.

Bref, l'effet du temps semble avoir pénétré ce vin puisque les notes de miel se laissent saisir dans les grands vins effervescents, après plusieurs années de repos. 

Elles partagent leur effet séducteur avec la texture crémeuse de l'effervescence dont les contours un tantinet citriques prouvent l'endurance de ce vin qui pourrait facilement attendre 2024 pour une autre dégustation...

Vous en avez chez vous ? 
Découvrez le aujourd'hui sur un plat de pétoncles grillés, un feuilleté de ris de veau aux champignons ou une entrée de volaille brune avec une sauce de votre choix, à la crème.

L'élégance et l'énergie de ce franciacorta ne vous laisseront pas indifférent !
Importation privée au Québec par Vins Balthasard / 40 $

Haut de page

2 juin 2019 par Monsieur Bulles
portrait "Notre domaine est le premier à avoir fait ceci, à avoir fait cela... Nous sommes les seuls à travailler ainsi..." Combien de fois ai-je entendu cette façon de mettre en valeur le travail, de vendre la qualité d'un produit ? Et pourquoi suis-je persuadé que je l'entendrai encore? Comme-ci le fait d'être le premier ou le seul dans une étape ou un choix de travail pour un vigneron garantit systématiquement que son vin est bon, voire meilleur ou le meilleur. Si la primauté en matière de conception était LE gage de qualité et de fiabilité éternelles, il n'y aurait pas de diversité. D'autant plus qu'une innovation ne réside que dans son amélioration...
J'ai toujours été contrarié par les superlatifs en matière de goût. 

Ce que je trouve bon ne l'est pas forcément pour mon voisin. Et si je prétends qu'un vin est meilleur qu'un autre, mes arguments doivent être solides ou justifiés par une grille de valeurs, acceptée de tous (comme dans le cas des concours de dégustation).

Écrire ceci lorsqu'on commente des vins, lorsqu'on écrit des guides de consommation paraît paradoxal. Cependant, le chroniqueur qui s'exprime sur un vin n'est là que pour orienter, offrir une piste, guider. 

Il n'impose rien, même s'il affirme et défend un point de vue.

Le chroniqueur vin n'est finalement qu'un GPS qui ne propose qu'une seule route plaisante au consommateur qui apprécie un certain environnement dans sa conduite de consommation et qui se reconnaîtra sur cette voie du plaisir.

Le commentaire d'un chroniqueur n'est pas meilleur que celui de son confrère, il est différent. Il s'expose parmi la diversité des commentaires dont la valeur de chacun n'est validée que par le lecteur satisfait qui sera - peut-être - le consommateur du vin recommandé.

Sauf que... 

Sauf que cette valeur doit être tout de même justifiée; du moins plus justifiable par la compétence, l'expérience et la chronicité du travail. 
N'est-ce pas ce qu'on appelle l'expertise?

Le même principe doit donc s'appliquer pour le vigneron et son vin. 
Ce n'est pas parce qu'il a été le premier ou qu'il est le seul à élaborer son vin d'une certaine façon qu'il est le meilleur.

Il est, c'est tout. 
Et cet état est tout aussi louable qu'un autre, sauf qu'en la matière, il sera davantage considéré si la fameuse expertise est en amont. 

Compétence, expérience et chronicité. 

La compétence, c'est la reconnaissance par une instruction officielle ou par ses pairs; 
l'expérience, c'est la reconnaissance d'une durée dans l'exercice; 
et la chronicité, c'est le témoignage par un revenu principal plutôt que sporadique.

Et pourtant, comme l'a si bien écrit Pierre Corneille: "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années."

On commence le débat ?

Haut de page

19 mai 2019 par Monsieur Bulles
Borne Recaredo Un mini cataclysme s'est abattu cet hiver en Catalogne : 9 vignerons de renom ont quitté l'appellation DO Cava. Cela signifie qu'ils n'associeront plus leur nom à une bouteille de Cava, vin effervescent espagnol, mondialement célébré. Est-ce que cela va bouleverser la vie du consommateur profane de vin ? Aucunement. Est-ce que cela va bouleverser l'industrie viticole espagnole ? Certainement. C'est un peu comme le jeu des dominos alignés : on pousse le premier de la ligne qui entraîne dans sa chute tous ceux qui sont devant lui. Parfois, parce que l'alignement a été mal établi, la chute progressive s'arrête, laissant des dominos debouts. Cava et Corpinnat, c'est le jeu des dominos.
Tout d'abord, qu'est-ce que Corpinnat ? 

Corpinnat (contraction catalane de "nescut al cor del Penedes" = Cor-Pinnat = Né au coeur du Pénédès) est la marque d'une association de 6 vignerons renommés (Associació d'Elaboradors i Viticultors Corpinnat / AVEC) de Catalogne - aujourd'hui 9 vignerons - enregistrée en 2017, lancée en 2018, dans le but de valoriser un vin effervescent, véritablement catalan. 

On y trouve jusqu'à ce jour, les domaines Recaredo, Gramona, Nadal, Sabaté i Coca, Llopart, Can Feixes, Julia Bernet, Mas Candi et Torelló. 

Pourquoi une valorisation ? 

Simplement parce que les administrateurs de la DO Cava n'ont pas su, depuis 20 ans, faire évoluer leur cahier des charges et niveler par le haut, en tenant compte des avis de leurs meilleurs adhérents vignerons. 
Les alertes à l'interne, administratives et viticulturelles, avaient été envoyées. Rien n'a bougé dans le bon sens. 
Associée à des prix dérisoires (4 euros la bouteille de cava), l'appellation a été discréditée, malgré les efforts de qualité d'une poignée de familles, dont certaines ont d'ailleurs préféré joindre les rangs de l'appellation Classic Pénédès, créée en 2013.

Des lanceurs d'alerte non écoutés.

La sortie de la famille Raventos de la DO Cava en 2010 a été l'étincelle d'un feu assez lent à prendre, mais qui aujourd'hui, embrase une région. 
La création de Corpinnat a été la conséquence logique du laxisme de la DO Cava; Les deux entités ont vécu ensemble quelques mois, cependant, elles ne parlaient plus la même langue. La mention Corpinnat souhaitée par ses initiateurs sur des étiquettes de DO Cava était une revendication d'excellence et d'autonomie. Le message envoyé au consommateur aurait été clair : si vous lisez Corpinnat sur une bouteille de cava, c'est qu'il est excellent. Si Corpinnat n'apparaît pas sur l'étiquette, vous achetez des bulles anodines. 
Le divorce était prévisible.
On parle de sortie de Corpinnat de la DO Cava, mais y a t-il eu réellement une entrée ? 
Car d'un point de vue commercial, les effets de Corpinnat sur le marché des DO Cava ont été pratiquement nuls.
Ce n'est pas une sortie. 
C'est l'annonce officieuse d'une nouvelle appellation vinique, au coeur d'un terroir ancestral.
Elle témoigne des enjeux économiques et politiques dans le secteur agricole local et elle confirme les limites bureaucratiques du système des appellations en Europe. 

Le règlement Corpinnat résumé :

Corpinnat a été créé en vue de simplifier une démarche tout en la précisant. C'est en fait un mousseux européen «Vi Escumós de Qualitat» (VMQ / Vin Mousseux de Qualité) que n'importe quel vigneron a le droit d'élaborer sous certaines conditions : Seulement 46 villages appartenant à la région de l'Alt Penedès, du Baix Penedès, de l'Alt Camp, d'Anoia et du Baix Llobregat peuvent faire du Corpinnat (ce qui représente 22 000 ha). Le vigneron utilise ses propres raisins (il est propriétaire des parcelles), récoltés manuellement, issus de la viticulture biologique, spécifiques à la région historique du Pénédès (Xarel·lo, Macabeu, Parellada, Malvasia en blanc / Grenache, Monastrell, Sumoll et Xarel·lo Vermell en rouge) dans le but d'élaborer son propre vin tranquille et de le transformer en vin effervescent par seconde fermentation en bouteille, chez lui, et de l'élever au moins 18 mois sur lattes (9 mois pour le Cava). 
Il lui est strictement interdit d'élaborer des bulles pour un autre (1/3 de la production du cava n'est pas élaboré par la marque qui est sur l'étiquette). 
Aussi, Corpinnat a instauré une valorisation du prix au kg du raisin, vendu dans le Pénédès, avec un minimum de 0,70 euros / kg, ce qui représente le double du tarif des raisins, employés sur la DO Cava. 
Enfin et c'est, selon moi, le point névralgique de ce dossier : Corpinnat est une appellation de lieu, alors que la DO Cava est une appellation d'élaboration. Si cette dernière avait été une appellation comme celle du champagne ou du franciacorta, la situation serait ô combien différente.

La situation actuelle de la DO Cava.

Globalement, 230 millions de bouteilles sont produites annuellement et commercialisées sous la DO Cava, dont 85 % est contrôlé par trois marques, qui s'échangent la direction de l'appellation périodiquement : Freixenet, Codorníu et García Carrión. Même si les derniers chiffres commerciaux de la DO Cava sont flatteurs, le règlement de Corpinnat empêche logiquement la plupart des acteurs de l'appellation de se joindre aux neuf vignerons. 
Certes, la création du Cava de Paratge au sein de la DO Cava, en 2017, aurait pu freiner le mouvement séparatiste, mais il était trop tard. Recaredo et Gramona réfléchissaient déjà, suite à la sortie de Raventos I Blanc, a une solution bienveillante et restructurante. De plus, l'instauration des Paratge a été quelque peu baclée, rapidement pensée pour éteindre un feu déjà trop important, comme si on avait placé la charrue avant les boeufs : on a élevé au rang de références une quinzaine de lieux-dits dont les cavas qui en seraient issus, seraient élaborés avec plus de soin que tous les autres. 
Ce qui revient à dire qu'en-dehors des Cava de Paratge, le terroir et la qualité sont absents. De plus, en considérant les qualités d'un domaine hors de Catalogne, autorisé à faire du Cava, il pourrait revendiquer le terme Paratge, ce qui rend presque caduque l'essence de ce dernier. 

L'avenir de Corpinnat.
 
Si les instaurateurs ont proposé le nom Corpinnat comme une appellation de terroir avec des limites géographiques définies, sur le modèle d'une AOC régionale, qui permettra de faire évoluer son cahier des charges, le point qui m'apparaît délicat pour une reconnaissance publique future est tout simplement le nom : Corpinnat.
À moins de parler le catalan - et encore -, ce nom ne dit strictement rien à personne, car il n'existe pas ! Ce n'est pas une parcelle, ce n'est pas un lieu-dit, ce n'est pas un village, ce n'est pas une région. 
Cherchez le sur une carte du Pénédès, vous ne le trouverez pas. 
Or, donner le nom d'un lieu à un vin, l'ancre immédiatement dans le subconscient populaire, facilite sa reconnaissance et construit progressivement sa renommée parce que le consommateur y trouve facilement un repère. 
En revendiquant Conca del Riu Anoia en 2010, la famille Raventos ne s'est pas trompée sur ce point, même si elle attend toujours la reconnaissance officielle de ce lieu en tant qu'appellation vinique...
A moins donc, que Corpinnat ne devienne une nouvelle entité géographique validée par les instances politiques espagnoles, les vignerons qui l'incarneront ont davantage un travail de marketing à faire aujourd'hui, qu'un travail de vigneron, car de ce côté là, nous savons déjà qu'ils font effectivement les meilleurs vins effervescents d'Espagne.

À court terme, c'est une lutte juridique qui s'ouvre. David a terrassé Goliath, paraît-il...Montserrat, la chaîne de montagnes

Haut de page

18 mai 2019 par Monsieur Bulles
reflet d'antan Basée à Ludes, la famille Berèche élabore ses propres champagnes depuis 30 ans, après avoir vendu ses raisins au négoce pendant plus d'un siècle. Jean-Pierre et Catherine travaillent aujourd'hui avec leurs fils Raphaël et Vincent qui bichonnent 10 hectares en propriété. Une dizaine de cuvées sont régulièrement offertes aux amateurs les plus exigeants qui sont rarement déçus d'avoir pénétré l'univers créatif des frères Berèche...


Commentaire de la cuvée Reflet d'Antan Brut de Berèche et Fils : 


Quels que soient les millésimes de base, ce champagne se montre toujours intense et vineux, axé sur un fruité blond qui rappelle délicatement la poire chaude, la tarte aux pommes chaudes, les abricots très mûrs, puis après quelques minutes en aération, les épices indiennes où le poivre domine. 
Ce champagne bouge, vit dans le verre, regagne en fraîcheur minérale pour mieux repartir vers des notes de salade de fruits jaunes, il ne désoriente pas, il séduit.

Profond, velouté, voire soyeux puisque les perles tournent en bouche grâce à une effervescence gagnée par le temps, le vin s'étire longuement. 
On est dans l'univers des grands vins de table, anoblis par les bulles !
135 $ / Code SAQ : 12899210

Haut de page

15 mai 2019 par Monsieur Bulles
Brut nature de Drappier Établie à Urville depuis le 17e siècle, la famille Drappier détient une cinquantaine d'hectares de vignes et s'approvisionne auprès de vignerons de la Côte des Bar et de la Marne. Elle dispose de splendides caves voûtées construites au 12e siècle par les moines de Clairvaux où dorment aujourd'hui les cuvées particulières. Locomotive des champagnes de l'Aube grâce à André Drappier, qui perçut le potentiel de la région dès les années 1950, la maison est aujourd'hui dirigée par son fils Michel qui, dans les années 1990, a su intelligemment augmenter le volume et créer diverses cuvées.

DRAPPIER - Brut Nature - Pinot Noir Zéro Dosage :

Orienté vers un fruité blanc légèrement pâtissier au nez, ce champagne est devenu avec le temps, un incontournable des cuvées Drappier et surtout, des cuvées Extra-Brut champenoises en général. 
Vif à l'attaque, racé et puissant en bouche, persistant dans les arômes initialement perçus, ainsi que dans son effervescence, il dégage une vraie vinosité, sans rancio, exprimant un caractère de belle pureté. 

La plupart des cuvées sans dosage se révèlent creuses et fuyantes, peu longues, alors que celle-ci offre une corpulence étonnante et riche. 
Une référence en la matière qui à de quoi convertir bien des amateurs aux extra bruts. 
52 $ / Code SAQ : 11127234 / 110 $ le magnum

Haut de page

Page précédente
Recherche d'articles
Par mois
Articles sur les champagnes (211)
Articles sur les autres bulles (291)
Les dégustations horizontales (3)
Les dégustations verticales (1)
© 2019 monsieurbulles.com, Guénaël Revel poc communications Annoncez sur MonsieurBulles.com