5 déc. 2016 par Monsieur Bulles
Rare Rosé 2007 de PH Pour être rare, cette cuvée ambrée est rare puisque seulement 1500 flacons ont été dégorgés en début d'année, pour le monde entier. Une allocation de 18 bouteilles pour le Québec (il va falloir réserver) !! Premier millésime rosé pour cette cuvée, issue d'une récolte 2007 de qualité, mais d'un cycle végétatif terrible dont les champenois se rappèleront longtemps: gelées printanières qui ont anéanti 15 % des ceps, puis pluies torrentielles estivales qui ont noyé un autre 15 %. Sauf que chez Piper-Heidsieck, il y a un alchimiste en cave depuis plus de 30 ans qui s'appelle Régis Camus. Et le Régis, il fait des miracles avec les années difficiles...
Commentaire de la cuvée Rare Rosé 2007 de Piper-Heidsieck :

Comme tous les grands vins, il ne se livre pas facilement au premier nez, ce n'est qu'après quelques minutes que des notes de mandarines, de fruits rouges un peu confits, puis de thé noir se laissent capter. 

Les mêmes arômes se dispersent en bouche complétés par ceux de pain d'épices, de moka et de réglisse. La matière est riche, les perles de l'effervescence sont nouées, elles construisent la crème attendue que le temps à modeler. 

La très fine enveloppe acidulée nous indique que le vin a de l'endurance, qu'il pourra se glisser en cave quelques années. Pour l'instant, c'est elle qui tranche, qui réveille les papilles tout en se combinant à la profonde vinosité.

Des parfums persans (santal et de bois de rose) se dévoilent en finale de dégustation, on se laisse séduire, les mille et une nuits ne sont pas loin... 

La cuvée Rare Rosé 2007 rappelle les tableaux romantiques des Orientalistes du XIXème siècle, elle invite au voyage et à la découverte de couleurs cuivrées, comme la robe qu'elle nous présente.

Champagne d'exception, accordons-lui une harmonie culinaire de même calibre où le foie gras poêlé et les morilles seront de circonstance sur des suprêmes de faisan. cuvée Rare
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30 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Lanson Rosé - Royal Warrant « By appointment to Her Majesty the Queen ». Lorsqu'on regarde de plus près la coiffe d'une bouteille de champagne, on peut y apercevoir un cachet, une armoirie dans un cercle avec cette inscription.




Qu'est-ce que c'est ? 

Il s'agit du Royal Warrant, le brevet royal de la cour d'Angleterre accordé à des sociétés qui vendent leur création à la maison royale. De multiples produits, depuis un chandail de laine jusqu'à de la porcelaine en passant par un tracteur ( !) ont reçu la caution officielle de la reine !

À quoi sert-elle ?
À rien. 

J'exagère un peu. C'est une reconnaissance officielle, une mention honorifique qui, certes, aident les ventes du produit gratifié si le consommateur porte une attention particulière à ce qui entoure une cour royale. 
Le sceau rassure le consommateur qui s'imagine partager les mêmes goûts que l'aristocratie régnante. En aucun cas, il ne s'agit d'une garantie de qualité même si un comité a la charge de vérifier la nature des produits. 
La plupart des Royautés de ce monde ont et offrent leur sceau de fournisseur, depuis la Suède jusqu'à la Thaïlande en passant par le Japon. Même les monarchies déchues comme celle de la France, de la Hongrie, de la Roumaine ou de la Russie véhiculent encore leur caution.

Il faut noter que les brevets sont multiples au sein d'une même famille royale. La Britannique présente par exemple, celui de la Reine, celui du Duc d'Édimbourg et celui du Prince de Galles. 

Elle a présenté également le brevet de la Reine-Mère jusqu'en 2007. Celui-ci ayant été supprimé 5 années après le décès d'Élizabeth 1ère.

Jusqu'à aujourd'hui, la famille Britannique autorisent 9 maisons de Champagne à présenter l'armoirie officielle. Certaines maisons peuvent disposer de plusieurs brevets royaux, issus de cours différentes.

Moët & Chandon, Louis Roederer, G. H. Mumm et Veuve Clicquot-Ponsardin disposent du brevet de la cour royale d'Autriche-Hongrie.
Quant à la cuvée Cristal de Louis Roederer, elle est la seule à disposer du brevet de la cour royale Russe.

Combien ça coûte ?

Et bien curieusement rien ! 

Ces brevets sont décernés gratuitement. Aucune catégorie de transaction et aucun troc ne sont permis. Toutefois, en ce qui concerne les brevets Britanniques, une cotisation de 600 livres est prescrite, ce qu'on considèrera comme modeste au regard de ce que l'armoirie peut rapporter au niveau commercial. 
  
Les règles peuvent évoluer. Ainsi, les fournisseurs officiels de la Reine d'Angleterre étaient autrefois exempts de taxes marchandes ou d'impôts. Enfin, sauf exception (voir Cristal de Roederer), le Royal Warrant britannique est décerné à une entreprise pour l'ensemble de ses produits et non pour un seul produit, afin d'éviter que les consommateurs sachent quel est ce dernier, consommé par la reine ou le roi.

Est-ce profitable ?

Autrefois oui. Aujourd'hui sans doute. 

En effet, certaines marques ne véhiculent plus systématiquement l'information dans leurs communiqués ou leurs produits, jugeant peut-être qu'elle apparaît désuète, archaïque, anachronique ou précieuse au regard de nouveaux marchés à conquérir. 
Quoi qu'il en soit, les brevets royaux habillent les coiffes ou les étiquettes de bien des vins effervescents ou tranquilles. La cour britannique étant la plus célèbre et la plus populaire, voici la liste chronologique des champagnes qu'elle a brevetés, dans la langue officielle :  

Champagne Lanson : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1900   
 
Champagne Bollinger : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955   

Champagne Moet & Chandon : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955    

Champagne Veuve Clicquot-Ponsardin : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1955    
 
Champagne Louis Roederer : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1962    

Champagne Krug : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1962    

Champagne GH Mumm & Cie : Purveyors of Champagne HM The Queen Master of the Household - Obtenu en 1964    

Champagne Laurent-Perrier : Purveyors of Champagne HRH The Prince of Wales Obtenu en 1998    

Champagne Pol Roger : Champagne Supplier HM The Queen   Master of the Household - Obtenu en 2004

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28 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Paillard Rosé Créée en 1981 par Bruno Paillard, cette maison est résolument moderne, tant dans ses bâtiments et sa cuverie que dans le style de ses vins : audacieux, déterminé, contemporain, perfectionniste. Depuis plus de 30 ans, Bruno Paillard travaille en famille sur plusieurs appellations de vins français, le champagne étant sa signature de prestige.
Commentaire du Rosé Brut Première Cuvée:

À la fois floral et fruité au nez, c'est un rosé puissant, moelleux et raffiné, ses flaveurs de fraises, de framboises font agréablement écho à un feuilleté aux fruits d'été. Les bulles se comportent comme des perles légères, elles permettent une belle longueur finale en bouche. Un vin qui a suffisamment de corps pour supporter un plat exotique, mais peu relevé ou un fromage aux saveurs affirmées.  
16/20 dans le Guide Revel / 80,25 $

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21 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Pascal Doquet Rosé Brut Pascal et Laure Doquet sont discrets. Ils laissent à leurs vins le soin de parler. Pascal et Laure Doquet sont pertinents. Ils laissent à leurs vins le soin de le prouver. Pascal et Laure Doquet sont environnementalistes, leurs vins sont leur véhicule. Pascal et Laure Doquet sont conséquents, leurs vins sont leurs ambassadeurs. Ils étaient à Montréal cet automne. Notre rencontre fut aussi courte que leurs cuvées sont magnifiques. Je ne vous en présente qu'une seule. À vous de découvrir les autres...

Commentaire du Rosé Brut Premier Cru:

L'ensemble est expressif au nez. Expressif, mais discret. C'est à dire que les arômes sont nets: on va de notes de griottes à celles d'oranges sanguines en passant par des accents poivrés. Tout en subtilité. 
Le caractère rafraichissant est illustré en bouche par une effervescence plus aérienne que riche, certes enveloppante, toutefois légère, presque contraire à la trame aromatique développée et longue. 
Au premier abord déconcerté, voire déçu, car je m'attendais à davantage de présence, davantage de chair, je décide donc d'attendre cette cuvée, d'attendre qu'elle se livre. 
Je lui donne du temps, me rappelant seulement que j'ai du vin sous les yeux. Et comme tous les vins, il a besoin de s'aérer. Même le champagne. Et oui... 

Un quart d'heure plus tard, je souris. 
L'effervescence est toujours présente. 
Aussi vive, aussi persistante dans le verre. 
La récompense de la courte patience : l'émotion est là. 

On sent la macération du fruit qui a apporté de la vinosité. La texture s'est refermée, une certaine mâche même, s'est développée. Les saveurs s'offrent aux papilles.
On est dans l'univers du vin, pas seulement des bulles. Et c'est bien là l'apanage des bons champagnes. Simples et bien élaborés.

Celui-ci est un rosé finalement aussi intense que pur, qui peut facilement passer à table avec, par exemple, une entrée chaude de coquille St-Jacques au safran.
17/20 selon le barème du Guide Revel - 66,75$

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18 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Bleu d'Origine de l'Orée des Bois J'écrivais il y a quelques semaines que le Québec viticole est capable du pire comme du meilleur en matière d'élaboration de vin pétillant. J'ai reçu dernièrement un vin mousseux de bleuets ! Encore un, me suis-dit... Encore un énième ersatz de mousseux qui veut chanter la Belle Province ! Mais mon métier, c'est de tester les liquides fermentés qu'on rend naturellement ou artificiellement effervescents. Alors, j'ai fait mon métier...

Commentaire du Bleu d'origine 2015 - Vin de bleuets sauvages mousseux - Domaine L'Orée des Bois - Québec :


Ça sent les bleuets. Forcément. 
Ça sent aussi le poivre noir. Ce qui est déjà un indice de sérieuse élaboration.

Après ?
C'est tout.

Quoique non, car après quelques minutes dans le verre, on perçoit une certaine vinosité. Les ferments ont développé un côté épicé qui se fait plus insistant et plus riche (muscade, clou).
Comme la plupart des vins effervescents élaborés avec autre chose que du raisin, ce mousseux exacerbe en fait son fruit, c'est à dire le bleuet.

Je vais être honnête, je m'attendais encore à déguster des bulles seulement sucrées avec une âcreté trop dérangeante en finale, des levures odoriférantes marquées ou une acidité agressive qui tourne en bouche, comme sur la grande majorité des produits artisanaux de ce type, élaborés dans la belle province.

Mais là, je dois l'avouer. C'est bon. Un peu âcre puisque on est dans une trame tannique évidente, mais ça se boit agréablement. 
Sans génuflexion. 
On déguste du bleuet frais et net, au fruité bien conservé. 

Bref, c'est un mousseux rougeoyant aux bulles bien maîtrisées, à la texture suave et enveloppante, et au sucre bien intégré, avec quelques notes d'amers nécessaires pour donner du corps et de la vinosité.
Pour un premier jet - puisqu'il s'agit d'une première récolte - c'est une réussite qui, j'en suis sûr, va s'affiner sur les prochains millésimes...

Produit anecdotique et rare, on l'essaiera plutôt au dessert, mais attention, pas sur une tarte aux bleuets parce "qu'on peut pousser, mais poussons égal"... 

Je préconise plutôt une pâtisserie chocolatée, car l'amertume du cacao saura compléter avantageusement la signature bleutée du Lac St-Jean.

Une peu dispendieux me direz-vous ? Certes. 
C'est parce que le bleuet l'est davantage au kilo, que le raisin !

15/20 selon le barème du Guide Revel / 34 $ au domaine

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14 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Crémant d'Alsace Brut de Bernhard & Reibel C'est finalement l'Alsace qui l'a emporté dans une modeste dégustation comparative de crémants hexagonaux et sincèrement, j'ai cru qu'un champagne s'était glissé furtivement dans ce blanc d'essai à l'aveugle. Une fois dévoilées, ces bulles rhénanes m'ont interpellé et comme de fait, après quelques recherches, j'ai appris que chardonnay et pinot noir se donnaient ici la main pour mieux nous séduire...


Commentaire de dégustation du Crémant d'Alsace Brut de Bernhard & Reibel:


Levures boulangères, poire pochée, croissant et fruits blancs confits s'échelonnent au nez et en bouche si vous laissez respirer ce vin dont l'effervescence bien construite - c'est-à-dire qu'on lui a laissé du temps - a accompagné le développement d'un léger rancio qui font les meilleures bulles...

La chair est onctueuse, son enveloppe est quelque peu citrique, juste assez pour nous rappeler l'appellation, quoique, comme mentionné plus haut, on se dirige immanquablement vers la Marne, voire la fameuse Côte des Blancs, lorsqu'après gorgée après gorgée, la fraîcheur saline s'installe et perdure pour mieux déconcerter le dégustateur. 
De l'énergie entremêlée à de l'intensité aromatique, tout y est !

Ce crémant d'Alsace qui entre sur le marché du Québec est la plus belle surprise effervescente, tant par ses qualités gustatives que son tarif de vente.

Précipitez-vous, c'est l'aubaine de cet automne !! 
18/20 selon le barème du Guide Revel - 24,95 $

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7 nov. 2016 par Monsieur Bulles
Axelle Araud, oenologue Dom Pérignon Avec Vincent Chaperon, Axelle Araud assiste Richard Geoffroy depuis 2010 à la pérennité du mythe: un vin millésimé qui porte le nom d'un moine dont la Champagne a fait son ambassadeur de prestige. Au-delà de cette construction icônique et soignée que je précise dans mon dernier livre "Champagnes, guide et révélations", il y a l'art oenologique de savoir franchir les époques et d'accompagner l'évolution des moeurs culinaires... À l'occasion de l'évènement caritatif annuel Montréal Passion Vin, j'ai rencontré l'élégante oenologue pour lui poser 3 questions seulement. Sans détour, les réponses ont été claires.

Vin de luxe le plus vendu dans le monde, Dom Pérignon est surtout acheté pour son nom, pour son étiquette et son flacon mythiques. Le contenu a toujours été superbe, mais est-ce que le concept des "Plénitudes" a été pensé pour le créditer de nouveau ?     

Vin de luxe et icône, effectivement, c'est la perception qu'en ont les consommateurs. Et si nous savons que parmi eux, il y en a qui en achète sans connaître véritablement le contenu, cela nous stimule plutôt pour le leur faire mieux connaître. L'idée est de les amener dans la compréhension de cet aspect icônique, car Dom Pérignon est une exception; ne serait-ce que parce qu'il est toujours millésimé. 
Cela nous impose de prendre des risques, à la fois quand on déclare ces millésimes et lorsqu'on ne les déclare pas. Pourquoi déclare t-on des millésimes qui n'ont pas été déclarés dans les autres maisons ? Pas parce que nous sommes Dom Pérignon et que nous avons des exigences de visibilités assumées. Simplement parce que nous avons accès à des parcelles qui, même dans des années délicates, nous permettent d'y trouver le meilleur pour composer un Dom Pérignon. C'est aussi cela qui construit la collection unique que nous avons en cave et qui a conduit à créer les Plénitudes.
Les "plénitudes" ont été précédées par les "Oenothèques", lancées en 2000. 
On voulait offrir quelque chose de plus aux amateurs de champagne. Richard Geoffroy a toujours écouté le consommateur et il a voulu aussi l'amener vers les secrets de l'endurance du champagne, un vin rarement perçu comme tel. 
On a changé la communication il y a 2 ans, car le terme Oenothèque faisait un peu intellectuel et n'était pas toujours bien compris. 
Le terme Plénitude est plus compréhensible, surtout à l'international. Il est plus universel et connote la maturité, la sensualité, le plaisir. On doit certes toujours expliquer ce que signifie Plénitude et ce qu'il y a derrière. Mais, c'est aujourd'hui plus facile. 
On ne recrédite pas Dom Pérignon, on fait passer une étape à cette cuvée qui approche bientôt un siècle d'existence. C'est l'étape de l'endurance, du temps qui construit. Le terme désormais choisi est, à ce titre, exemplaire. 
Les plénitudes qu'on nomme P1, P2 et P3 expriment des phases d'évolution du vin qu'on commercialise lorsqu'on le juge à point.

Une grande majorité des consommateurs ne connaît pas les étapes d'élaboration du champagne et leurs effets. Même les acheteurs de Dom Pérignon en font partie. Avec le concept des plénitudes qu'il faut systématiquement expliquer, ne craignez-vous pas de perdre ces consommateurs ?   

Même lorsque les Plénitudes n'existaient pas, il fallait expliquer Dom Pérignon, car c'est un vin qui est toujours confronté au temps qui passe. 
La première plénitude arrive autour de 8 années de maturation sur lies, la deuxième autour de 15 années et la troisième arrive au-delà de 25 années sur lies. 
C'est un dégorgement très tardif qui est décidé, selon les comportements des millésimes, par Richard Geoffroy. Le terme a toujours été utilisé dans notre métier; il fait même partie du décret en Champagne. Nous n'avons pas l'impression d'avoir inventé quelque chose de nouveau, seulement quelque chose qu'on rend accessible auprès de l'amateur de champagne.
On ne perd pas nos consommateurs parce qu'en fait, il est plus facile aujourd'hui d'expliquer ce qu'est Dom Pérignon. 
Et ce n'est pas à vous que je vais dire qu'il faut toujours expliquer ce qu'est le champagne. Vous le savez mieux que moi, le champagne, quelle que soit la marque ou la cuvée, doit toujours être expliqué. Parce que finalement, il est comme un rêve. Et comme tous les rêves, on cherche à les expliquer ou à s'en rappeler.

Après ces Plénitudes qui expriment l'endurance d'un millésime, peut-on imaginer du Dom Pérignon multi-millésimes, façon soléra par exemple, puisque c'est actuellement la tendance en Champagne: l'assemblage particulier de millésimes pour des flacons de prestige ?

C'est drôle, c'est la première fois qu'on me pose cette question et je comprends bien d'où elle vient, car effectivement il y un mouvement dans ce sens en Champagne, à l'heure actuelle. 
On ne peut jamais dire jamais, c'est vrai, mais actuellement, ce n'est vraiment pas un sujet qu'on aborde chez nous. 
On a des bijoux en cave qu'on cherche à préserver. On a une collection qu'on cherche à préserver, des millésimes en Plénitude 3 qui dorment en cave. Toutefois, on ne communique pas encore sur ces Plénitudes.
On veut surtout et toujours s'exprimer à travers un millésime et ses étapes d'évolution. 

Dom Pérignon est fondamentalement millésimé. L'observation et l'appréhension de tout nouveau millésime est la signature de Dom Pérignon.

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31 oct. 2016 par Monsieur Bulles
Ellner 2006 C'est en 1905 que Charles Emile Ellner décide de vendre du champagne sous son propre nom. Son fils Pierre, puis ses 4 petits-fils développeront l'entreprise qui prendra le statut de négociant-manipulant au début des années 1970. Maison sparnacienne possédant une cinquantaine d'hectares sur plusieurs villages qui apportent la moitié des approvisionnements, elle est dirigée aujourd'hui par Jean-Pierre Ellner, entouré de ses filles Emmanuelle et Alexandra, ainsi que de ses neveux Frédéric et Arnaud Ellner ; tous, ayant une position précise au sein de l'entreprise réellement familiale depuis un siècle.
Commentaire de la cuvée Brut 2006 :

Les notes de levures se laissent capter au premier nez, puis un soupçon de malt se dégage pour enfin offrir des arômes de fruits jaunes confits après une longue aération. 
La puissance est nette dès l'attaque en bouche, une fine amertume parcourt la dégustation au sein d'une effervescence plus aérienne que riche, ce qui demeure agréable pour un champagne de cet âge. 
L'ensemble apparaît exotique dans les arômes, il rappelle le muësli matinal aux fruits secs, c'est un champagne finalement mûr et prêt à boire, une cuvée millésimée qu'on découvrira à table sur un met aussi original qu'elle, comme par exemple, du thon cru en croûte de sésame grillé...
74,25 $ au Québec / Autour de 45 euros en Europe

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28 oct. 2016 par Monsieur Bulles
cacao C'est un billet que j'aurais pu appeler "du mariage forcé au divorce consenti"... En effet, consommeriez-vous un verre de vin blanc sec avec un morceau de chocolat noir ? Non. Alors, pourquoi penser que le champagne est un bon accord avec le chocolat noir ? Le champagne est un vin blanc, qu'on rend effervescent. Le mythe de la belle harmonie entre ces deux produits, le chocolat et le champagne, est presque une histoire d'erreur de distribution commerciale...
Pourquoi le champagne s'est acoquiné au chocolat ? 

D'abord parce que pendant des décennies, l'un et l'autre étaient servis au dessert. Le chocolat était âcre et le champagne était sucré ! Plus sucré qu'un vin blanc contemporain demi-sec, voire plus sucré qu'un moelleux, donc harmonieux avec un met à l'amertume prononcée, ainsi couverte par la sucrosité. 

Ensuite, parce que l'industrie des deux produits a véhiculé leur mariage heureux auprès des commerçants, puis des consommateurs. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, le vin mousseux de Champagne est un vin sucré qui, selon les marchés destinataires, présente un taux de sucre plus ou moins élevé.    
 
Dès les années 1870, certaines maisons commercialisent les cuvées selon leur taux de sucre plus ou moins défini : le style anglais offrant de 30 à 60 grammes de sucre résiduel, le style français de 60 à 90 grammes, le style américain de 90 à 130 grammes et le style russe jusqu'à 200 de sucre, voire plus! 

Et le chocolat me direz-vous ?   
Il s'est popularisé en même temps que le champagne, à la fin du XVIIème siècle ! 
Et comme lui, il ne fut accessible qu'aux nantis, c'est à dire à l'aristocratie régnante et à ceux qui côtoyaient les cours royales d'Europe du Nord. Comme on le sucrait et qu'on l'épiçait excessivement puisque le cacao (le grué) était encore mal travaillé, on le consomma d'abord seul, en breuvage, en dehors des repas, comme une curiosité qui n'avait pas sa place à table, dans un service. 
Et c'est parce qu'il entrait alors, comme le champagne mousseux, parmi les nouveaux produits rares et chers que progressivement, les épiceries fines s'en attribuèrent la distribution. 
 
Institutionalisé à la cour d'Espagne dès le XVIème siècle, apprécié par Louis XIII à la cour de France, le chocolat fut toutefois éconduit par Louis XIV qui ne l'aimait pas. Néanmoins, il autorisa la généralisation de son usage en accordant lettre patente exclusive pour 29 ans à un certain David Chaillou - premier valet de chambre du comte de Soissons - qui ouvrît la première boutique à Paris en 1659 (ses clients furent des médecins et des religieux). 

Le cacao gagna donc en popularité, surtout nobiliaire, sous Louis XV, à la même période exactement que le champagne (c'est sous Louis XV que le champagne est embouteillé en Champagne). 

100 ans plus tard, sous Napoléon III, champagne et cacao seront réunis chez les marchands de produits fins et d'épices qui les placeront côte à côte pour mieux les vendre et les acoquiner abusivement. En effet, le cacao est alors devenu du chocolat en poudre et en barre, grâce au travaux conjoints de Van Houten en Hollande qui a inventé la solubilisation et les frères Fry en Angleterre qui ont créé la plaque de chocolat.

Le champagne va rester un vin de luxe, donc dispendieux, pendant que le chocolat va se populariser et devenir accessible au XXème siècle. Cependant, en même temps que les premiers commerces de pâtisseries voient le jour, le champagne devient un vin sec et définitivement effervescent (70 % de sa production fut tranquille jusque 1870). 
Il se prête alors mieux en apéritif ou sur les entrées, mais les créateurs de douceurs boulangères vont continuer de véhiculer son agréable mariage avec leurs gâteaux au chocolat.

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24 oct. 2016 par Monsieur Bulles
sparr Oui je sais, le Crémant d'Alsace fête son quarantième et les magazines vantent la bulle alsacienne depuis 9 mois. Pourtant, je vous le promets, le hasard est ici heureux pour l'appellation. Dégusté la semaine dernière, à l'aveugle, parmi la cinquantaine de vins effervescents de toute appellation présentés par l'AQAVBS, ce crémant est sorti du lot. Voici pourquoi.




Quelques faits d'abord.
Le crémant d'Alsace va mieux... 
La région offre à elle seule la moitié des crémants Français, soit près de 35 millions de bouteilles. On aurait pu croire que le volume conséquent des dix dernières années aurait eu tendance à étioler la qualité, toutefois, quelques règles du cahier des charges ont positivement évolué - inspiré de celui de la Champagne plus sévère -, permettant une garantie de qualité. 

Attention par contre à ne pas s'endormir sur ces lauriers: la Bourgogne a réagi en instaurant deux nouvelles durées de vieillissement sur lattes, le cava Espagnol semble en finir avec sa crise d'identité et le prosecco s'invite dans les recettes de cocktails, tendance mondaine qui séduit les jeunes, les futurs consommateurs de bulles...

Revenons à mes bulles de la semaine.

Sec et tonique, ce crémant Brut Réserve de Sparr n'en reste pas moins aérien et rond à la fois, subtilement toasté, avec quelques notes de poires, de pommes et de coings qui s'échelonnent en bouche, dévoilant donc, une remarquable fraîcheur.  

La netteté du fruité s'entoure d'une fine minéralité et la vinosité laisse une pointe d'amertume (que tout bon mousseux doit avoir) en finale de la dégustation. 

Bref, la simplicité et la franchise d'un crémant de cette catégorie tarifaire sont ici au rendez-vous et c'est bien là l'essentiel.
16/20 selon le barème du Guide Revel / 19,60 $ au Québec / Agence Robert Peidès / autour de 9 euros en Europe

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