En ce 5 mai 2021 qui voit le bicentenaire du décès de Napoléon 1er à Sainte-Hélène, une cuvée de champagne est peut-être à souligner puisque, comme l’empereur, elle a traversé le temps de façon hégémonique…

Le fameux Brut Imperial (aujourd’hui Imperial) de Moët & Chandon est en effet né en 1869, année du centenaire de naissance de Napoléon Bonaparte.

Le maire d’Épernay qui était nul autre que Jean-Rémy Moët sous le Premier Empire, accueillit l’empereur à quelques occasions, l’hébergea et reçut d’ailleurs, en 1814, des mains même de ce dernier, décrochée de sa redingote, la médaille de la Légion d’honneur, instituée 10 ans plus tôt.

Pour souligner ces liens amicaux, la direction d’alors de La Grande Maison, lança le Brut Imperial.

L’Impérial est aujourd’hui une référence de l’appellation, son étiquette a su évoluer avec les tendances sociales françaises, tout en restant incroyablement éloquente dans les différents pays où la cuvée est distribuée.

Il est le Brut champenois le plus vendu dans le monde dont on dit qu’il s’en ouvre une bouteille toutes les minutes !

Adulé, apprécié, respecté, ignoré ou méprisé, je crois avoir tout entendu au sujet de ce champagne dont le nom a parfois préséance sur l’appellation, dans certains pays.

Lorsque j’enseignais le volet des vins effervescents en école hôtelière, les élèves qui connaissaient mes dispositions au sujet des « bulles » en général, attendaient mon opinion à propos de l’Imperial Brut.

Elle n’a jamais changé :

« il représente le champagne par défaut parce qu’il est la locomotive de l’appellation à tous les niveaux : son volume de production en fait un ambassadeur international, son image scrupuleusement contrôlée et diffusée touche la plupart des consommateurs, et ses qualités gustatives unidimensionnelles et constantes reflètent les saveurs générales du champagne. On ne déguste pas un clos, une parcelle, un cépage, la Vallée de la Marne, la Côte des Blancs ou la Montagne de Reims lorsqu’on boit l’Imperial, on déguste la Champagne et ce que doit goûter, au moins, un champagne. Il n’est pas meilleur ou pire qu’un autre, il est l’étalon, une référence dans l’histoire de la Champagne. Et pour comprendre les autres champagnes, qu’ils soient de marques ou de vignerons, il faut connaître l’Imperial. Tout le reste est une histoire de goût personnel… Nous allons donc commencer par déguster ce Moët parce que vous serez alors disposés, ensuite, à découvrir la diversité champenoise. »

Et je trouve fascinant qu’une petite histoire rencontre la grande histoire ; que celle de la création d’un vin croise celle de la France et dont les deux sujets, précisément, une cuvée et un personnage, continuent de soulever autant de discussions, savantes ou populaires, toujours passionnées…

Champagne Imperial Brut de Moët & Chandon – 68,50 $ en SAQ (commentaire tiré du livre « Champagnes, guide et révélations » / page 157) :

Le BSA (brut sans année) de la grande maison a évolué vers un dosage moins élevé. Ajoutez à ce constat un élevage sans doute supérieur à 22 mois et vous obtenez une cuvée plus crémeuse et plus chaude dans ses arômes (poires, fruits jaunes confits) que par le passé. Une pointe d’amertume en finale titille agréablement les papilles, on retient toutefois l’équilibre qui court tout au long de la dégustation de ce champagne moins conventionnel qu’autrefois. Et pour la cuvée la plus produite et la plus commercialisée dans le monde, c’est un exploit d’alchimiste.

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