Seulement 200 bouteilles issues du millésime 2018 ont été tirées et ont passé presque deux années sur lattes avant d’être définitivement bouchées.

Issu du cépage De Chaunac, ce mousseux particulièrement rougeoyant a pourtant été traité comme un vin blanc au niveau du vin de base, sans macération pelliculaire et en pressurage direct.

Expérimental pour le Domaine Courville, ce rouge effervescent est, selon moi, nécessaire aujourd’hui, dans notre encore jeune industrie viticole québécoise, en matière de bulles…

Avant de m’expliquer, voici le commentaire du Ruby 2018 – 45 $ au domaine.

Le nez rappelle les fraises des bois, les framboises, puis le zeste d’oranges dès qu’on aère le verre. Une pointe oxydative se laisse capter également, on retrouve tous ces arômes en bouche au sein d’une effervescence plus proche d’un frizzante que d’un spumante.

La vinosité rappelle à la fois celle d’un Lambrusco et d’un Beaujolais, on est davantage dans l’univers du vin rouge que dans celui du rosé, même si la vivacité finale l’emporte sur les tanins et la matière.

C’est une originalité réussie (pour un premier essai) qui devrait facilement accompagner un plateau de charcuteries relevées ou quelques tranches froides de rôti de boeuf glissées dans le pain à sandwich que vous désirerez.

48 h après l’ouverture de la bouteille (après avoir pris 2 verres de vin) et l’avoir rebouchée avec un bouchon stoppeur, le vin a présenté une effervescence toujours aussi vive et abondante : la preuve d’une seconde fermentation soignée et contrôlée.

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Je reviens donc sur la nécessité de ce genre de produit sur notre marché : les vins rouges effervescents sont rares – en dehors du Lambrusco qui possède un cahier des charges – et la plupart du temps, ils présentent un taux de sucre élevé pour trouver un équilibre avec les tanins des cépages employés (l’Australie, l’Argentine, le Chili s’amusent avec des mousseux rouges à la fois âcres et sucrés, peu intéressants, d’ailleurs surtout bus localement).

Les cépages noirs employés au Québec ont justement cette acidité que n’ont pas les grenache, syrah ou cinsault utilisé ailleurs, permettant la fraîcheur et l’endurance, donc une sapidité agréable.

Le Québec viticole ne fera jamais des dizaines de milliers de mousseux rouges, toutefois, les quelques centaines de bouteilles déjà élaborées sont une fenêtre sur la créativité de quelques pionniers de notre industrie adolescente. Rien que pour cela, leurs bulles rouges doivent continuer d’exister !

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