Dit-on sabler le champagne ou sabrer le champagne ? Les deux existent, mais ils n’ont pas la même signification ! Beaucoup de gens les confondent d’ailleurs ! Et leur histoire n’est pas si affirmative que cela.

  

L’expression « sabler
le champagne »
a eu plusieurs interprétations. 

Elle a d’abord porté deux
sens dont l’image se rejoint : elle a signifié boire d’un seul coup ou
boire beaucoup (de champagne) lors des manifestations de la cour de France à la
fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle. 
Et dans le même temps, on
l’a utilisé pour exprimer seulement le fait de verser en une seule fois le
champagne dans un verre, ce qui exacerbait l’effervescence, alors très
discrète. 

Le terme sablage étant une opération utilisée en sidérurgie depuis le
XVIIIème siècle qui consiste à couler d’un seul coup le métal en fusion
dans un moule, l’image fut ainsi trouvée.  

Au même siècle, certains
écrits rapportent qu’on mettait la bouteille de champagne dans du sable afin de
mieux la maintenir ; rien ne confirme que cela servait aussi à la
rafraîchir.    

Enfin, la dernière
explication est que l’effervescence et la mousse ayant été irrégulières pendant
des décennies, on humectait les parois internes du verre à la vapeur ou par l’haleine
(!), puis on les enduisait de sucre pour mieux faire pétiller le champagne. Les
verres donnaient ainsi l’impression d’être sablés. 
Cette pratique fut courante
dans les Années Folles. 
   
L’expression « sabrer
le champagne »
rappelle la manière d’ouvrir la bouteille de champagne avec
un sabre ou un autre objet tranchant en la décapitant, au lieu de faire sauter
naturellement le bouchon, en tournant délicatement la bouteille. 

Après avoir
dénoué le muselet, la lame du sabre doit longer rapidement la couture de la
bouteille, puis cogner sèchement le rebord du goulot qui saute avec le bouchon
emprisonné. 
Si l’opération est réussie, les deux parties se séparent en
laissant le souvenir d’un biseau net. Les régiments de cavalerie des armées
napoléoniennes ou prussiennes utilisaient ce mode d’ouverture avec le revers
d’un sabre. 
Par ailleurs, des archives du Premier Empire rapportent que cette
façon d’ouvrir était réservée à l’usage exclusif des officiers de cavalerie
lors des cérémonies. 

Notez que le sabrage d’une bouteille de champagne n’a
absolument rien à voir avec la surpression de gaz contenue dans le vin. La vidéo ci-dessous le démontre. 
L’opération peut facilement se faire avec une bouteille vide puisqu’elle
résulte seulement de la fragilité du point d’impact situé au sommet de la couture
de la bouteille, juste au-dessous de la première lèvre du goulot.

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