Pendant longtemps, le champagne Dom Pérignon fut considéré comme la cuvée de prestige de la grande maison, puis à la fin des années 1990, elle fut pensée, élaborée et mise en marché de façon indépendante. Orpheline en quelque sorte, la marque Moët & Chandon se devait de créer une cuvée d’exception avec ses vins qui forment, par le volume conservé, une véritable banque de données viniques champenoises.

Le champagne est avant tout un vin d’assemblage (assemblage de crus, assemblage de cépages et assemblage de millésimes), pourtant, la grande majorité des cuvées de prestige de l’appellation sont issues d’une seule récolte, certes établie par la perfection de ses valeurs. 

On peut donc considérer que la cuvée de prestige est paradoxale à l’esprit même du champagne.

Avec la MC III, Moët & Chandon maintient la tradition dans la perfection et à la perfection puisque ce champagne présente un vin de base assemblé à d’autres vins plus âgés, si ce n’est que le vin de base n’est pas issu de la dernière vendange, mais de la récolte 2003, conservée en acier inoxydable pour mieux garder sa pureté (50 / 50 – Chardonnay / pinot noir).

Cette base qui forme 37,5 % de l’assemblage final est réunie à un autre 37,5 % de vin qui lui, a été élevé sous bois, composé de 3 grands millésimes: 1998, 2000 et 2002. Chacun ayant été pointé pour leurs caractéristiques (élégance, fraîcheur, richesse). C’est donc ici que Moët & Chandon s’attache à la tradition, en renouant avec la futaille.

Et c’est avec le troisième degré, celui qui forme 25 % de l’assemblage final que la maison révèle sa richesse, son patrimoine, sa collection de vin que nulle autre marque ne peut tutoyer : trois anciens millésimes embouteillés, débouchés pour la circonstance (1993, 1998 et 1999).

Inox, bois, bouteille: trois facteurs intrinsèques au champagne, assemblés pour atteindre l’originalité tout en restant traditionnel.
 
Couchée de plus en cave durant une décennie afin que le temps l’habille et la cuvée MC III peut conquérir les plus délicates papilles.

Benoît Gouez, chef de cave et créateur de ce vin, au demeurant grand amateur de hockey sur glace puisque joueur lui-même, était en ce mois d’avril 2016 à Montréal pour la présenter à la presse spécialisée.

Voici mon commentaire de la MC III, dégustée dans un verre Zalto de Denk’Art :

Lorsqu’on a lu l’ADN de ce champagne, on s’attend à un vin riche, nourrissant et imposant. Et la surprise est de taille, car même si le temps l’a habillé solidement, il se révèle plus fruité que pâtissier, consistant sans être nourrissant, sans la moindre note oxydative. 

On est dans l’univers du vin, davantage que dans celui des bulles. Ces dernières se révèlent être des perles fragiles et fuyantes, qui rappellent certes l’appellation, en n’étant pourtant que le vecteur de fraîcheur au cours de la dégustation.

Un mot m’est venu dès la première gorgée, un mot qui sans doute, n’a rien à voir avec le vocabulaire de la dégustation du vin: éduqué.

Ce vin a été davantage éduqué qu’élevé. Et très bien éduqué. 

Certes pénétrant grâce à ses arômes de mangues grillées, d’agrumes confits et de yoghourt au café, il se distingue par une présence de grande classe, d’un équilibre parfait depuis l’attaque vanillée jusqu’à la finale finement acidulée. 

Ce n’est pas un champagne qu’on associe à la minéralité, c’est un champagne qu’on associe à l’énergie. Une énergie qu’il offre et qui marque indéniablement.

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