Si la croissance de consommation du champagne se laisse aller dans l’hexagone, celle analysée hors de ce dernier redonne le sourire aux champenois après 5 années moroses.

Comme souvent en matière de commerce de vin, un volume de bouteilles vendues n’est pas significatif du comportement du chiffre d’affaire. La Champagne le démontre à nouveau.

307,1 millions de bouteilles sont sorties de ses caves en 2014, soit 31,6 millions de moins que l’année record de 2007 (338,7 millions de bouteilles). Toutefois, cela représente le deuxième plus haut chiffre d’affaires de son histoire avec 4,5 milliards d’euros (4,56 en 2008), soit une progression d’environ 1% du volume d’expédition.

Les cuvées dites de prestige favorisent ces chiffres.

Symbole de célébration luxueuse, les vins emblématiques des grandes maisons sont parmi les plus convoités: la valorisation de cuvées de prestige sur de jeunes marchés comme les Emirats Arabes Unis ou Hong-Kong semble porter fruit et les pays dont la consommation de champagne est devenue  "traditionnelle" comme les États-Unis ou le Japon sont parmi les premiers pour la consommation de ces rares flacons (+6,5% en volume et +14,3% en valeur). 

Progressant tranquillement depuis 2010 (+0,6% en 2014), mais progressant nettement en valeur (+12%), les cuvées de prestige ont crû de 7,3% en valeur dans l’Union européenne: l’Italie (+19,7%) et l’Allemagne (+18,9%) ont le plus contribué à cette évolution positive en 2014.

L’Australie, quant à elle, a triplé sa consommation de champagne toutes cuvées confondues, en une décennie ! Et l’Afrique du Sud croît de 10 % sa consommation chaque année depuis 10 ans (+22,3% avec 684 696 bouteilles) ! De bon augure donc pour l’avenir des cuvées de prestige…

L’Europe se réveille doucement, la crise amorcée en 2009 semble s’éloigner… sauf en France.

Ici aussi, les cuvées d’exception et les millésimées y jouent un rôle puisque, si leur progression est relativement modeste (4,4% du volume), ce qu’elles représentent en chiffre d’affaire n’est pas anodin (7%).

Les expéditions dans l’Union Européenne n’avaient pas brillé en 2012 et en 2013.
 
Le Royaume-Uni, fidèle à son premier rang, a importé 32,67 millions de bouteilles en 2014, soit une hausse de 6,1% en volume (par rapport à 2013) et de 6,7% en valeur.

Ce sont les Pays-Bas qui enregistrent la plus forte progression dans l’Union Européenne (+20,6% au 11e rang des exportations) devant l’Espagne (+11,6% au 9e rang) et l’Italie (+8,1% au 7e rang).

La France reste certes le premier marché du champagne en volume avec 162,3 millions de bouteilles vendues, soit 52,8% des expéditions. C’est quand même 3% de recul comparativement à 2013.

Et le Canada ? 

Marché complexe puisque différent selon les provinces, il a reçu 1,7 millions de flacons champenois (+2,3%) pour un chiffre d’affaires de 38,9 millions d’euros, c’est moins 6,2% comparativement à 2013. 
À noter que les maisons de champagne représentent 88 % du marché, elle représentaient 93 % du marché il y a 10 ans. Il y a donc encore de la place pour les récoltants et les coopératives. 

Chiffre heureux pour le consommateur canadien: le prix moyen de la bouteille a baissé de 8,3%. On peut donc espérer qu’il baisse encore si la consommation de champagne dans le pays augmente avec les années… Une bonne résolution n’est-il pas, quand on sait que le prix moyen du champagne reste parmi les plus élevés dans le monde au pays de l’érable…

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