Élise Losfelt fait partie des 3 femmes oenologues de l’équipe des dix alchimistes constituée chez Moët & Chandon. Présente à Montréal en ce mois de mars encore glacial, elle a su réchauffer quelques privilégiés de la presse à travers la présentation du dernier millésime Rosé déclaré de la grande maison, le 2006. Accrochés à celui-ci, les 1999 et 1985 au dégorgement tardif n’ont pas laissé leur place au dernier commercialisé…



Commentaires des 4 vins rosés signés Moët & Chandon disponibles sur le marché du Québec:


Rosé Impérial – Brut – 75, 25 $

Plutôt gras, assez fruité (fraises, groseilles), un peu tannique
(noyau de cerise), c’est un vin expressif, franc et corsé qui joue
davantage sur la vinosité grillée, voire fumée, que sur la minéralité,
même si quelques notes de roses viennent le ponctuer de
fraîcheur. Équilibré, il est construit, très prévisible, aussi bien
dans le comportement de son effervescence souple et courte que
dans sa finale légèrement amère. Un champagne rosé efficace pour tous les moments.

Rosé Grand Vintage 2006 – Brut – 83,50 $

Nez délicat de fraises écrasées, de cerises, puis de mandarines à l’aération du verre, l’attaque en bouche confirme l’impression d’agrumes roses avec un contour subtilement épicé. La vinosité rappelle la couleur du vin, la maturité du vin de base a permis un dosage modeste, permettant un équilibre puissance/tension qui perdure jusqu’en finale de dégustation. Les bulles sont fines et nouées, la texture est enveloppante, on déguste ici un champagne qui peut facilement passer à table sur un met iodé de poisson grillé. Les patients pourront aussi attendre jusque 2018 et + pour le découvrir plus zesté…

Rosé Grand Vintage Collection 1985 – Dégorgé en 2006 – 508,50 $

Oui, je sais ça fait cher la gorgée à ce prix là, mais quand on plonge dans le temps, on ne compte pas… La torréfaction est présente tout au long de la dégustation, elle passe par toutes les étapes qui enivrent : chocolat blanc, moka, café au lait, tiramisu, noisette. Forcément on craque; d’autant plus que ce dégorgement tardif assure une fraîcheur de bon aloi qui s’illustre à travers des arômes de zestes d’agrumes et de gingembre. Bref, l’enveloppe frémit encore, le vin est frais, la chair est dense et longue. Je plonge dans mes souvenirs… Qu’est-ce que je faisais déjà en 1985 ? Ben oui, j’étais aussi pimpant que cette cuvée! Merci la vie.

Brut Rosé Grand Vintage Collection 1999 – Brut – Dégorgé en 2013 – 141 $ en IP

Le dégorgement annonce sans aucun doute de la fraîcheur malgré les 16 années du flacon. Et c’est effectivement une grande énergie qui se révèle, notamment dans le comportement en bouche, alors que le nez est à la fois discret  et complexe dans les arômes (tabac, poivre, agrumes confits). Ces derniers son balayés par une impression de salade d’agrumes en bouche, les bulles sont fougueuses, toutefois menues, donc imprégnées par le temps, la matière est ferme, presque corsée, c’est un rosé de grand caractère, plus solide que délicat, dont seule la finale aiguisée et iodée rappelle la tension champenoise. Un rosé qui déliera les langues à table sur une belle entrée chaude de crustacés.

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