9 verres de champagnes (du répertoire régulier de la Société des Alcools du Québec) ont été proposés à quelques chroniqueurs du Québec (dont je faisais partie) sans qu’ils ne connaissent leur identité. Voici mes impressions numérotées, notées successivement. Suit l’ordre des champagnes révélé après cette sympathique expérience illustrée par la photo jointe.

La question de l’effervescence et des bulles 

La perfection de l’effervescence a toujours été difficile à analyser
et à critiquer dans les concours de vins. Même si le verre est parfaitement
propre, ce sont des particules invisibles à l’oeil nu sur
la paroi interne qui sont les facteurs de la présence et du comportement,
bon ou mauvais, des bulles. La recherche scientifique permet aujourd’hui de comprendre le
phénomène de la formation des bulles, de leur état et de leur rôle.
Une bulle naît et s’active grâce au relief qu’elle touche. On appelle
ce relief un site de nucléation. C’est de ce site que dépendront le
nombre, la taille et la persistance des bulles ainsi que la régularité
de leur train. 
Après plusieurs tests scientifiques, il a été clairement démontré
que lorsque les sites de nucléation viennent à manquer sur les
parois du verre, un vin « effervescent » contenant jusqu’à
10-12 g/l de CO2 peut montrer une absence quasi totale de naissance
de bulles et, par conséquent, une quasi-absence de mousse,
par rapport au même vin servi dans un verre présentant un nombre
plus important de sites de nucléation. 
Cette situation, observée
à maintes reprises lors de dégustations professionnelles ou lors
de consommations personnelles, illustre bien le fait qu’un vin
présentant une composition et des propriétés physico-biochimiques
idéales pourra ne jamais correspondre aux attentes du vinificateur
et du consommateur, car ce sont les conditions de service (verre,
température et oxygénation) qui sont, en quelque sorte, les vecteurs
de preuves de bonne qualité d’un vin effervescent.
Versez, chez vous, le même vin effervescent (issu de la même
bouteille) dans deux, voire trois ou quatre verres différents et vous
constaterez que la nature et le comportement des bulles sont différents
dans chaque verre.
Je ne commente donc pas, ni ne compare ici le comportement de l’effervescence de chaque vin servi.

1 – Nez expressif et net de mie de pain et de malt blond, sans rancio, même léger. Asse crémeux en bouche, équilibré, malgré la présence de quelques amers. de facture classique. 

2 – Nez expressif axé sur les fruits blancs (poire, pomme jaune) avec une légère pointe de beurre frais. Ensemble assez pâtissier, presque vanillé, volume imposant. Plus gras que le précédent. Un champagne qui charme malgré un dosage un peu appuyé.

3 – Nez discret avec un caractère citrique dominant, confirmé en bouche par un comportement plus mordant que nourricier. Assez pur dans l’ensemble avec une légère pointe de rancio en finale, très agréable.

4 – Nez très expressif et pâtissier (fleurs blanches, tarte aux fruits jaunes, coings, et sucre roux). Très travaillé, très fruits secs et sucrés en belle harmonie avec l’effervescence gourmande. Le dosage se fait plus appuyé que celui des vins précédents. Champagne séduisant.

5 – Nez expressif (citron, craie, fenouil). Tendu et floral à l’attaque en bouche, plus gourmand en finale (notes de crêpes) avec une effervescence également compacte. Un champagne plus vineux qu’apéritif. 

6 – Nez expressif de levure, puis de biscuit sec. Belle onctuosité en bouche, présence de vinosité maltée, finale un peu courte. Champagne qui gagne à être aérer. 

7 – Nez expressif, très légèrement toasté (toast blond), toutefois plus axé sur les fruits blancs. Sec et ferme en bouche. Équilibré et élégant. Un champagne de facture classique, représentatif des arômes locaux. 

8 – Nez très discret de pommes, d’agrumes et de levure. Bouche au contour assez neutre dans un volume léger avec une finale curieusement puissante, à la fois biscuitée et sucrée. Déconcertant, toutefois intéressant.

9 – Nez expressif de fruits jaunes cuits, de riz au lait, de pâte brisée avec un soupçon de rancio à l’aération. Le plus expressif de la série au nez. Bouche avec quelques amers et un rancio développé. Un champagne parfumé, assez convaincant.

Dévoilement:

1: Moët & Chandon – Brut Impérial
2: Veuve Clicquot – Brut – Carte jaune
3: Laurent-Perrier – LP – Brut
4: Nicolas Feuillatte – Brut Premier Cru
5: Louis Roederer – Brut Premier
6: Pol Roger – Brut Réserve
7: Pommery – Brut Royal
8: Mumm – Cordon rouge – Brut
9: Duval-Leroy – Paris – Brut

Évidemment, il a été demandé à chaque testeurs quels étaient leurs 3 préférés. En ce qui me concerne, le classement, ce jour-là, a été le 9, le 4, le 7, le 5, le 3, le 2, le 6, le 1, puis le 8.

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