Les fines bulles d’appellation Saumur, c’est globalement 10 millions de bouteilles par année grâce à 1200 hectares de vignes au chenin blanc dominant. Édifié sur une butte de tuffeau, le château de Beauregard à Puy-Notre-Dame consacre 75 % de sa récolte à l’élaboration de Brut. Sa cuvée Élégance porte absolument bien son nom. Mais, il faut savoir la dompter.

Voici un vin effervescent qui m’a d’abord déconcerté, pour ensuite me permettre de poursuivre une expérience que je répète souvent : déguster des bulles 24 h après avoir ouvert la bouteille, laissée à moitié pleine. 

Pourquoi cette manie ? 
Pour mieux apprécier les arômes et le comportement de l’effervescence, car en effet, leur oxygénation accentuent ou détériorent leurs qualités ou leur défauts.

Certes, le chenin domine l’assemblage des cépages de ce Saumur Brut, on y décèle donc des notes de pamplemousse, très nettes, presque trop acides.
L’attaque en bouche confirme l’analyse olfactive, elle est agressive, particulièrement axée sur des arômes de zestes de citron qui occultent jusqu’en finale, la finesse des bulles qui doivent apporter l’onctuosité dans la texture qu’elles forment.

C’est le genre de vin qui, dans une dégustation comparative à l’aveugle, aux côtés d’autres flacons, passerait à la trappe. Parce qu’absolument pas racoleur, absolument pas dosé à l’excès. Droit, franc et authentique, c’est tout.

Je l’ai bien laissé un bon quart d’heure dans le verre, histoire de lui laisser une chance, de lui laisser le temps de se mettre en place, mais rien n’y fît.

Je l’ai donc abandonné 24 heures sur le comptoir, bouchon stoppeur bien fixé, un verre en moins dans la bouteille.
Et comme je m’y attendais, ce Brut s’est révélé bien plus aimable le lendemain. Comme beaucoup d’autres bulles que je teste, d’ailleurs…

Son effervescence n’avait pas bougé, les bulles étaient toujours aussi menues, regroupées et persistantes, signe qu’elles avaient été parfaitement élaborées. Elles accompagnaient des arômes de salade d’agrumes (non acidulés), de poires chaudes et de pain frais. La tension était présente tout au long de la dégustation, une pureté un peu saline chatouillant les papilles.

Bref, j’avais eu raison de manipuler par le temps ce Saumur adolescent au comportement sec et nerveux pour le rendre velouté et plaisant.

L’essayer, c’est l’ "adompter" ! 

Suivez-moi sur Facebook

C’est ici