Si les grands noms bordelais et d’autres contrées viniques se laissent avantageusement habillés par le temps en cave, il en est d’autres aux armoiries bien plus modestes qui ont un potentiel d’endurance acceptable, sans que le porte-feuille n’ait été sérieusement touché… Les Vignerons de Tutiac, nom de coopérative de la rive gauche de Bordeaux élabore ainsi, un rouge du Blayais qui entre aisément parmi ces petits vins qui vieillissent bien.

"Petit vin" dans le langage courant signifie généralement accessible, pas cher (ou parfois, issu d’une appellation à la renommée restreinte, ce qui ne signifie pas qu’on n’y trouvera pas de flacons exceptionnels. Mais là, est l’amorce d’un autre débat, d’une autre chronique…) 

Le vin que je commente ci-dessous est issu du millésime 2007. Il a été consommé en 2017. Le millésime actuellement commercialisé est le 2014, vendu en SAQ à 12,75 $ !!

Commentaire du millésime 2007 du Lalande-Bellevue – Premières Côtes de Blaye:

Blaye Côtes de Bordeaux, c’est désormais l’appellation de ce vin (depuis 2009).
Nez de raisins noirs concentrés, presque de pruneaux, puis de confiture de mûres à l’aération. Les tanins sont veloutés, le volume est élégant, c’est-à-dire aérien. Des notes de cuir se laissent capter en finale de dégustation. C’est un vin à l’enveloppe mature, sans acidité mordante, absolument pas fatigué, cependant, prêt à boire et qui, pour moins de 15 $, double le plaisir ! 
Comme quoi, même issu d’un millésime qui n’a pas marqué avantageusement la décennie, on peut quand même s’offrir une agréable surprise…
Accordons-lui une harmonie tout aussi modeste : une entrecôte de boeuf grillée avec une fricassée de champignons.

Le millésime 2014 ?

Millésime plus éclatant également dégusté dernièrement, le vin se présente avec plus d’intensité évidente. 
Quelques notes de poivrons rouges – classiques en jeunesse, sur cette appellation – accompagnent celles de cassis; ce sont ces dernières qui s’imposent en bouche, au sein d’une texture grenue dont l’enveloppe finement acidulée prédispose le flacon a une garde incontestable… 
Dix années ? Sans doute. Ce sera selon les goûts et la patience. 
Dans tous les cas, au moins cinq ans pour que le temps l’assouplisse un peu…
Le "petit" vin qu’on achète à la caisse afin de tester son endurance en ouvrant une bouteille tous les ans.

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