Novembre, mois du beaujolais. Décembre, mois du champagne. Quelle tristesse. Comme si le beaujolais n’était que ce rouge facile des soirées automnales et que le champagne n’était que l’incontournable détonateur des fêtes hivernales. Certes, ils le sont. Mais, ça ne vous direz pas d’en ouvrir aussi au printemps et sous les chaleurs estivales ?

J’écris ce billet teinté de perplexité et d’aigreur parce qu’il y a deux semaines, on n’a pas arrêté de me demander mon avis sur le beaujolais et qu’aujourd’hui, à un mois  de Noël, le champagne est sur les lèvres de tout le monde !

Ce ne sont pas des Yogourts ! Ils n’affichent pas une date de péremption !

Consommer ces deux vins en avril prochain ne vous rendra pas malade, même si vous les avez achetés en octobre dernier…  Ils auront le même goût, ils seront excellents.

C’est du vin, pas du lait.

Oui, je sais. Je vous entends d’ici… 
Le beaujolais et le champagne, ils ont fait leur publicité sur ces thèmes, ils sont marqués par des saisons parce qu’ils ont focalisé leur vente sur ces périodes. C’est eux qui ont provoqué cela.

Le beaujolais, vin de soirées grises de novembre; le champagne, vin des célébrations de décembre.

En effet. Et d’ailleurs, les chiffres de vente des deux appellations l’appuient: plus de 50 % de leur vente annuelle se fait entre la Toussaint et la Saint-Sylvestre.

Pour le champagne, on peut comprendre. Le pop est festif, il déclenche la bonne humeur collective. Le rendre incontournable le 24 au soir, le 25 à midi et le 31 à minuit a été facile pour les publicistes.
Quant aux flacons de Beaujolais, en avoir fait le vin nouveau dans les années 1950, a été un succès planétaire pendant 40 ans, surtout à partir des années 1970.

Mais pourquoi s’arrêter là ? Pourquoi y penser seulement au détour d’une affiche de pub ?

Au-delà du goût de banane, de fraise ou de violette du beaujolais nouveau, découvrez les 10 crus de la région, ils ont tous, autant de personnalité que les plus grandes appellations de la planète. 

Un cru différent chaque mois, + un beaujolais rosé, + un beaujolais blanc, ça fait une année ! Une année pour apprécier la richesse du Beaujolais.

Quand au champagne, même s’il y a l’anniversaire d’un proche au moins une fois pas mois, qu’il y a les samedis soir entre amis et les dimanches midi en famille, une nomination ou un diplôme à fêter, et qu’il y a enfin, toujours, une naissance ou un mariage qui imposent obligatoirement le champagne, essayez de dénouer un muselet en dehors de ces conventions. 

Faites-le sauter aussi en-dehors de ces habitudes, le bouchon de champagne… 
Vous verrez; il n’a pas le même goût. 

En plus de son effet enjôleur que vous connaissez déjà, le champagne a le goût du vin.

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