La consommation de vins effervescents continue de croître dans le monde, tandis que celle des vins tranquilles stagne depuis 10 ans. Et si les bulles entraînaient le réveil de l’industrie viticole ?

4,1 %, c’est l’augmentation de la consommation de vins effervescents dans le monde en une décennie, de 2005 à 2015. 1,3 % est celle de la consommation des vins tranquilles.

Les vins effervescents (champagnes et mousseux) représentent aujourd’hui 7 % de la consommation globale des vins dans le monde, soit 17,6 millions d’hectolitres!

Si l’Allemagne est le premier pays consommateur de bulles avec 3,26 millions d’hectolitres (1/6e de la consommation mondiale), c’est la Russie qui surprend en venant se placer au deuxième rang des pays consommateurs avec 2,42 millions d’hectolitres, elle qui n’était pas dans le Top 10 il y a seulement 20 ans. 
Les États-Unis d’Amérique sont troisième avec 1,9 millions d’hectolitres, tandis que la France se place au quatrième rang avec 1,8 millions d’hectolitres dont 90 % est issu de son propre terroir (champagne, crémant, etc). 
La France reste le premier producteur de vins effervescents dans le monde avec 3,3 millions d’hectolitres dont les 2/3 sont du champagne. 
L’année 2015 aura d’ailleurs été fertile pour l’empereur des bulles qui a vendu 213 millions de cols dans le monde pour un chiffre d’affaires de 4,7 milliards d’euros, soit 55 % du chiffre d’affaires de tous les vins effervescents commercialisés dans le monde.

On notera enfin que le prix moyen d’un vin mousseux AOC est de 4,8 euros la bouteille en Europe, soit 3,5 fois moins élevé que celui du champagne, ce qui explique le chiffre d’affaires colossal de ce dernier.

Pourquoi cet engouement pour des bulles ? Parce qu’elles représentent la fête, le partage et l’évacuation des soucis. 

Et dans un monde qui, depuis 30 ans, accumulent les crises économiques dont les plus touchées sont les classes moyennes, ce sont les cavas, proseccos, crémants, sekt et autres substituts de l’empereur marnais qui sont devenus l’exutoire effervescent de ces dernières.

Le champagne, bulles des nantis perçues comme un vin de luxe, a fait des petits qui se sont multipliés. Le cava a triplé sa production en 20 ans, le prosecco l’a doublée en 10 ans comme les sekts rhénans et des pays comme la Russie, l’Ukraine ou la Pologne dont on ne soupçonnait même pas le potentiel viticole, sont entrés dans le Top 10 des producteurs de bulles à l’aube du 3ème millénaire.

En crise l’univers du vin ? Certainement pas quand on le fait pétiller…

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