Émettre ou ne pas émettre son opinion, même si elle est négative, telle est la question.

C’est un débat assez récurrent chez tous les professionnels de la dégustation de vins dans le monde, qu’ils soient chroniqueurs, sommeliers ou représentants de marque: 

Doit-on dire quand un vin est mauvais ?

Dans un premier temps – et là, c’est mon opinion – un vigneron compétent sait quand son vin est bon ou mauvais. Dans un second temps, s’il est honnête, il saura accepter la critique négative si celle-ci est bien construite, et non gratuite.

"S’abstenir d’un commentaire négatif, c’est faire preuve d’indulgence et de diplomatie. Je préfère ne pas parler du vin" me disent certains collègues.  
Je pensais ainsi – aussi -, sachant toutefois que l’indifférence est parfois blessante. "Parlez-en bien ou parlez-en mal, mais parlez-en!" entend t-on souvent…

Toutefois, depuis que j’écris le guide annuel des champagnes et des autres bulles, je reçois fréquemment des commentaires de vignerons s’interrogeant sur l’absence de leurs produits dans cet ouvrage. Cela se confirme depuis la sortie récente de l’édition 2014. 
Étant plutôt sincère et transparent, je leur réponds – si j’ai effectivement dégusté un ou plusieurs de leurs vins – que je n’ai pas été convaincu par une cuvée et que j’ai préféré m’abstenir d’en parler, non par crainte de ressentiment, mais par ménagement, sachant de plus que cela n’assistera pas le lecteur. 

Je n’aime pas globaliser un fait, toutefois, je remarque que lorsque la critique est bonne pour le vin et son vigneron, celui-ci respecte le dégustateur et ses compétences et lorsque la critique lui apparaît négative, le dégustateur est alors un incompétent, doublé d’un ignorant. 

De nombreux vignerons ont méprisé Robert Parker tant que ce dernier ne parlait pas de leur vin. Puis la fiche technique de ce dernier mettait bien en avant le 90 ou plus – très vendeur – dès que le gourou américain en avait parlé. Amusant, non?

Bref, parce que "Chaque jour sur le métier ton ouvrage, tu remettras" et que j’applique cet adage, j’ai décidé de commenter tous les vins que je dégusterai pour l’édition 2015 de mon prochain ouvrage, même si je me trompe en étant sévère, en étant impartial, en étant transparent, en étant lucide ou en étant honnête! 

Après tout, on apprend de ses erreurs, non ? Et je serai toujours dans l’erreur pour quelqu’un. 

Je continuerai donc de m’instruire.

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