Privatisation / monopole ? Le débat est constant, plutôt brûlant actuellement et je n’étalerai pas ici une liste comparative de chiffres qu’on peut faire "parler", de toute façon, selon qu’on défende ou qu’on dénonce le monopole. Certains de mes collègues le font mieux que moi, je préfère leur laisser le loisir mathématique d’écrire sur le sujet. J’énonce seulement, ici, des vérités pragmatiques que le consommateur Québécois ignore parfois. C’est donc au lecteur d’en tirer une opinion, de peser le pour et le contre, en toutes connaissances du système.



Avantages/atouts ou inconvénients/embarras, les voici présentés pour les 3 principaux acteurs de la filière : le producteur, le consommateur et le monopole.


PRODUCTEUR:


Les avantages:

La garantie de paiement (des producteurs attendent 6 mois à un an avant d’être payés ou ne le seront jamais en envoyant leur vin dans certains pays)
L’analyse scientifique de son produit par un laboratoire reconnu internationalement (beaucoup de vignerons utilisent les résultats d’analyse pour percer d’autres marchés exigeants dans le monde).
La fiabilité du réseau de distribution.
La visibilité de son produit au sein des succursales.
L’équitabilité de la visibilité du produit par rapport à un autre, selon des normes claires et contrôlées.
La fierté d’être sur un marché de qualité reconnu dans le monde entier (référence de qualité).

Les embarras:
Le délai d’admissibilité de son vin.
Le coût élevé d’admissibilité.
La bureaucratie exigeante et lourde.
Les critères de sélections de produits contradictoires: popularité dans des guides étrangers ou des références impérialistes ou éloignées de la culture du Québec / nécessité d’investissements publicitaires contraignantes.
Les justifications de refus de produit plus opaques que transparentes, rarement pertinentes. 
Les "règles du jeu" sont changées régulièrement en fonction du déroulement de  l’économie mondiale.

CONSOMMATEUR:

Les avantages :

La garantie sanitaire (vérification scientifique de tous les produits).
Le remboursement des bouteilles défectueuses (unique au monde).
La plus grosse distribution d’un même produit dans plus de 150 succursales au Québec, soit sur une surface dite commerciale, inégalée dans le monde.
Le plus grand choix d’appellations de vins et d’alcools au monde (12 000 références).
La qualité du service en succursale (visibilité, orientation, distinction, personnel instruit)
La tarification identique et contrôlé d’un même produit dans toutes les succursales (c’est le principe d’un monopole).
L’achat en ligne (internet et téléphone intelligent).
L’information en succursale et en ligne sur la disponibilité des produits. 
Le tarif des vins au-dessus de 30 $ globalement identique à celui du pays d’origine. 
Le tarif des vins au-dessus de 100 $ généralement inférieur à celui du pays d’origine.

Les embarras:
Le tarif des vins en dessous de 20 $ globalement plus élevé de 15 % comparativement aux autres marchés d’Amérique du Nord.
Le tarif des vins en dessous de 20 $ globalement plus élevé de 30 % comparativement aux marchés de leur pays d’origine.

ÉTAT / MONOPOLE:

Les avantages:

Il offre un travail salarié et syndicalement protégé au citoyen du Québec. 
Il redistribue une partie des profits du monopole à d’autres ministères à des fins de réinvestissement.
Il participe à des causes caritatives majeures.
Il est libre de changer "ses règles du jeu" à tout moment.
Il négocie, vérifie, corrige et embouteille lui-même un volume de vin conséquent et le distribue hors de ses succursales (entre 70 et 90 étiquettes différentes) dont les revenus représentent plus ou moins 1/3 de son chiffre d’affaire annuel. Un gros avantage pour l’état.

Les embarras :
L’opacité de l’information envers le citoyen au sujet du fonctionnement du système: on peut supposer qu’en dehors des employés de la SAQ (et encore…), 85 % de la population du Québec ne sait pas comment fonctionne la SAQ.
Le citoyen confond le rôle de la SAQ et les obligations de la Régie des Alcools, des courses et des jeux du Québec : c’est souvent "la faute de la SAQ" alors qu’il s’agit d’un problème lié à la RACJQ.
Il négocie, vérifie, corrige et embouteille lui-même un volume de vin conséquent et le distribue hors de ses succursales sur un marché privé, donc non monopolistique (entre 70 et 90 étiquettes différentes) dont les revenus représentent plus ou moins 1/3 de son chiffre d’affaire annuel. Un gros embarras pour l’état, car contradictoire à la notion de monopole.

Suivez-moi sur Facebook

C’est ici