14 mai 2019 par Monsieur Bulles
millénaires 1995 de ch Est-ce que le champagne vieillit bien ? Aussi bien que les vins tranquilles ? Et peut-on le glisser dans notre cellier plusieurs années ? Absolument ! Je dirais même qu'il a un potentiel d'endurance bien plus élevé que certains vins blancs ou rouges, supposément de garde... Mais comme pendant des décennies, la Champagne n'a pas commercialisé son vin comme un vin de garde, mais comme un vin de célébration, personne ne devine l'endurance de ce vin. Et pourtant...

Oui, le champagne et les mousseux de certaines appellations se gardent. 
Ils se conservent en cellier et se bonifient aussi bien que les vins tranquilles. 
Cependant, comme les vins effervescents ont toujours été commercialisés comme des vins de célébrations, des vins à consommer dès leur achat - qu'il soit de Champagne ou d'une belle appellation de bulles - aucune marque n'a véhiculé leur potentiel de garde.

Bien sûr, des nuances sont à apporter. Et comme avec les vins tranquilles, tous les effervescents ne peuvent se conserver avantageusement. 

En outre, si tous les vins effervescents sont prêts à boire dès leur commercialisation, certains gagnent à être attendus un certain temps selon les caractéristiques gustatives aspirées. 
Les cuvées issues d'un seul millésime, de prestige ou non, ont généralement des potentiels de garde de plus de 20 ans. 

Celles de Champagne vont évoluer comme un grand vin de Bourgogne blanc tandis que les mousseux d'appellation évolueront comme un vin blanc donné, dont le point commun sera le cépage ou l'assemblage des cépages.

Certaines grandes maisons de champagne véhiculent d'ailleurs, actuellement, cette réalité... ce potentiel de garde.
Alors que pendant des décennies, elles se sont attachées à vendre leurs cuvées pour être consommées de façon frivole, lors de réceptions et de fêtes où l'on tend son verre sans demander ce qu'on y verse, elles prônent aujourd'hui que le champagne est avant tout un vin blanc à part entière dont les paliers d'évolution gustative s'accordent adéquatement à table, sur des mets précis et travaillés. 

Et pour mieux démontrer les effets agréables du temps sur le champagne, certaines maisons mettent en marché de vieux millésimes, tardivement dégorgés.  
Moet & Chandon propose depuis 10 ans ses vieux millésimes dégorgés quelques mois avant leur commercialisation, Veuve Clicquot a sa gamme de Cave Privée, De Telmont se fait connaître avec sa collection Héritage, Lanson offre ses "Vintage Collection" dégorgés à la demande depuis plus de 30 ans et ses Extra-Âge font le bonheur des amateurs. 
Quant aux Plénitudes de Dom Pérignon, elles sont les ambassadrices de cette évidence. 

Toutefois, ses cuvées restent rares et dispendieuses. 
Et puis, il y a une nuance à apporter : elles ont attendue en cave champenoise avant leur dégorgement tardif. Elles ont donc attendue en tant que vin blanc en phase de champagnisation. Ce sont des vins qui sont prêts à boire pratiquement juste après leur dégorgement.

Les Brut Sans Année, ces cuvées qui composent 90 % de la production et qui passent 15 à 40 mois sur lattes avant leur dégorgement et leur commercialisation, sont aussi à découvrir comme des vins de garde, de moyenne garde certes.
Ce sont elles qu'il faut oser glisser une dizaine d'années dans nos celliers personnels pour mieux apprécier leur comportement et leurs saveurs d'évolution. 

Faites l'essai chez vous: acheter le BSA de votre maison préférée et oubliez-le au moins 8 ans. Vous le retrouverez arrondi par le temps et ce dernier lui aura transmis des arômes insoupçonnables à travers des bulles, certes moins vibrantes que dans leur jeunesse, mais tout aussi persistantes, si la qualité initiale était là.

Bref, même non issue d'un millésime ou d'une particularité qui en fait une cuvée spéciale, une bouteille de champagne a une endurance remarquable.

Dernièrement, j'ai eu le plaisir d'ouvrir la Cuvée des Millénaires Blanc de Blancs 1995 de Charles Heidsieck. 
Plusieurs fois dégustée, elle restera parmi mes plus grands souvenirs de dégustation de champagnes et je considère que cette cuvée est parmi les meilleures de la décennie 1990 de la région. 
Mais pourquoi cette ultime cuvée m'a encore ému ? 
Simplement parce que ce vin a été commercialisé à différents stades de dégorgement au cours des vingt dernières années, afin d'offrir au consommateur une fraîcheur contrôlée et un plaisir précis.
Et il se trouve que la bouteille consommée fut l'une de la première commercialisation (l'habillage de la bouteille a d'ailleurs changé au cours des années). 
Elle a donc attendue, déjà dégorgée, dosée et définitivement bouchée, dans mon propre cellier pendant 18 ans. 
On aurait pu s'attendre à un champagne fatigué, aux bulles éteintes et au rancio marqué. Or, ce Blanc des Millénaires 1995 a été à la hauteur des meilleurs Corton-Charlemagne ! Et le plus surprenant aura été son effervescence, toujours vive et étonnamment perdurante.

Le champagne est un immense vin de garde.

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8 mai 2019 par Monsieur Bulles
Rosé Brut du Château de Cartes Les progrès de la viticulture québécoise ont été remarquables depuis 30 ans, ceux en matière de vinification le sont tout autant depuis 10 ans ! La preuve ? Les bulles de la province. Aujourd'hui, la plupart de nos vignerons en font et il faut noter qu'il ne faut pas attendre plusieurs millésimes d'essais avant de les réussir. Avec une quinzaine de mois sur lattes, le rosé effervescent du Chateau de Cartes démontre que la patience engendre d'étonnantes cuvées.


Commentaire du Brut Rosé 2017 du Château de Cartes - Québec :


Curieusement discret au nez, ce vin étonne dès l'attaque en bouche par son caractère solide, voire tanique et ferme alors que le fruité rouge est pur, sans aucune note de sucre ou d'adjonction quelconque, encore trop souvent perçue dans certaines bulles de la province. 
Bref, on déguste un très bon mousseux rosé qui présente de légères notes de fraises et de noyaux de cerises. 
La vinosité domine la minéralité, la puissance est contenue. Le cépage st-croix a été judicieusement conduit.
On est en présence de bulles taillées pour la table, en tous cas pour une entrée ou un apéritif avec canapés variés et consistants.

Une très belle surprise qui confirme que les bulles sont l'avenir du Québec viticole, comme je le répète depuis 20 ans !

PS : attention, la cuvée dégustée (100 % st-croix non dosé) n'est peut-être pas la même qui est actuellement vendue en SAQ, présentant du radisson assemblé à du st-croix et dosé à 8 gr. 
Contactez le domaine pour de plus amples renseignements.
29,10 $ / Code SAQ : 12357453 / Représenté par l'agence Langevins au Québec

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6 mai 2019 par Monsieur Bulles
Lo Sparviere N.7 Les amateurs de vin seront peut-être étonnés d'apprendre que la famille Gussalli Beretta, célèbre pour l'arme qu'elle a créée, est aussi propriétaire de domaines viticoles en Toscane, dans les Abbruzes et en Lombardie. Dans cette dernière région, c'est évidemment du Franciacorta qu'elle élabore. Lo Sparniere (l'épervier) est la marque enregistrée pour l'exploitation agricole de 150 hectares, située à Monticelli Brusati. 30 hectares de vignes y sont consacrées pour l'élaboration du Franciacorta.

Commentaire de dégustation :

De l'hydromel au nez et de l'hydromel en bouche, du moins dans les arômes, c'est ce qui prédomine nettement en ce qui concerne ce vin effervescent, composé exclusivement de chardonnay.

La texture est dense, les bulles s'accrochent au sein d'une enveloppe qui rappelle tout de même le citron confit dans les saveurs, apportant ainsi la fraîcheur attendue des bons mousseux.

C'est un Franciacorta qui a assez de matière et de présence pour soutenir un plat à table à base de crème par exemple, toutefois, les gourmands s'y précipiteront dès l'apéritif avec quelques pailles feuilletées au fromage.
Conre étiquette Sparviere
31,25 $ / Code SAQ : 13921706 / représenté par l'agence Tocade au Québec

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3 mai 2019 par Monsieur Bulles
alignement de verres Les réseaux sociaux sont les meilleurs supports médiatiques pour analyser le comportement du consommateur et du lecteur contemporain. Et quel que soit le sujet abordé, on s'aperçoit que les articles les plus lus sont les articles les plus courts; les articles qu'on lit en 30 secondes. Logique me direz-vous. La forme et le sensationnalisme prévalent au fond et à la réflexion. Dans notre société de consommation compulsive où l'on prend pour aussitôt jeter, il semble dès lors paradoxal que le vin et ses attraits attirent de plus en plus d'amateurs. Car dans le fond, s'il y a bien un domaine qui nécessite du temps pour apprécier et pour mieux comprendre, n'est-ce pas celui du vin ? Pourtant, tout est devenu kleenex, même dans l'univers du vin...
Depuis les dégustations journalistiques personnalisées jusqu'aux grands salons viniques en passant par les lunchs avec vigneron, tout est devenu kleenex. 
Il faut aller vite, il faut déguster rapidement, il faut multiplier les verres, il faut tout goûter !

Dans les grandes cérémonies commerciales et publiques où le verre de dégustation est offert à l'entrée, je peux comprendre ce comportement avide du visiteur profane (ou avisé) à qui ont offre des centaines de vins différents. 
Son excitation additionnée aux sollicitations des agents commerciaux lui font tourner la tête rapidement et les tests de vins la lui font perdre, parfois...

Toutefois, même lorsqu'une verticale de vin est offerte - pourtant coûteuse et délicate à monter - le temps ne s'arrête pas, il continue de courir. 
Et dieu sait que s'il y a bien des vins à accueillir posément, c'est bien ceux qui ont été enfermés longtemps dans leur parois de verre. 

Mais l'époque est à la consommation compulsive; même avec le vin, produit qui pourtant, demande peut-être plus d'attention qu'un autre.
Ce comportement frénétique pourrait-il changer ? 
Je ne le pense pas parce que le vin, c'est une religion. 
Et quelle que soit la nature théiste de cette dernière, elles sont toutes altérées.

Il y a de plus en plus de salons des vins, plus ou moins pertinents, plus ou moins structurés, plus ou moins orientés. 
Cependant, il y en a de trop.
Il y a de plus en plus d'offres et la méthode pour le faire savoir est de plus en plus envahissante et répétitive parce que désormais, elle se fait à travers les réseaux sociaux.

Les grandes messes d'autrefois sont moins achalandées. 
On y retourne pour les soirées avec les vignerons, pour la poignée de main amicale serrée devant la table de dégustation, pour la photo souvenir, mais pas forcément pour le vin parce qu'on l'a déjà dégusté au cours de l'année; dans une autre assemblée. 

Ce sont vraiment des messes : elles se répètent, on y va par habitude, mais sans réelle foi et l'on pense surtout au coup qu'on va prendre tous ensemble, après.

Les salons des vins sont devenus nos églises.
Salon des vins

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30 avril 2019 par Monsieur Bulles
tradition par EO Avec une douzaine d'hectares de vignes en propriété sur des Grands Crus et des Premiers Crus, Francis Égly est devenu en quinze ans l'un des vignerons champenois les plus adulés des connaisseurs. Au cours des 50 dernières années, sa famille a pu progressivement acquérir les meilleures vignes sur Ambonnay, Bouzy, Verzenay et Vrigny, le domaine ayant été fondé au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La particularité des champagnes Égly-Ouriet étant un faible dosage pour mieux définir le terroir, il faut une maturité précise des raisins, un long repos sur lattes et un usage dosé de la futaille : le gage d'une signature particulière.
Commentaire de la cuvée Tradition - Grand Cru - Brut :

Ce sont les mêmes sensations perçues au fil des années : cette cuvée sent d'abord la mine de plomb, la craie, puis elle développe des notes plus populaires, plus faciles à déceler après une certaine aération. On entre alors dans une pâtisserie où les fruits secs et le sucre brun se laissent respirer. 
Même impression en bouche où, après une attaque minérale, un peu saline, l'effervescence vive et étirée, transporte des accents corsés, voire fumés. 
C'est un très bon champagne, constant dans ses caractéristiques, idéal pour découvrir la signature de la maison, à déguster à l'apéritif bien sûr, ainsi qu'à table sur une entrée chaude, par exemple, de feuilleté au ris de veau.
114 $ / Code SAQ : 13319475

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25 avril 2019 par Monsieur Bulles
2009 de H. Blin Alors que l'excellent millésime 2008 de la plupart des maisons est en vente depuis 2 ans, on voit le 2009 sortir progressivement et comme toujours avec les années en 9 depuis 50 ans en Champagne, on déguste des vins plein et mature dès leur commercialisation. C'est en s'associant à 28 confrères récoltants en 1947 qu'Henri Blin enregistre la coopérative qui porte son nom. Bénéficiant alors d'une quinzaine d'hectares, ceux-ci vont grossir avec le temps pour atteindre aujourd'hui 110 hectares que se partage une centaine d'adhérents qui mettent en avant le pinot meunier, majoritaire dans les cuvées de la marque.
Commentaire de la cuvée Vintage 2009 Brut de H. Blin :

Vraiment expressif au nez - comme plupart des 2009 déjà commercialisés - et particulièrement pâtissier, on perçoit des notes de crème aux oeufs, de kouglof, puis de réglisse à l'aération. L'effet beurré perdure en bouche, ce sont alors des arômes de pâte sablée qui s'accrochent aux papilles grâce aux perles de la texture crémeuse. 
Quelques amers tutoient l'acidité de jeunesse qui pointe encore en finale, ce champagne plus mature rapidement que le millésime qui a précédé, est délicieux à boire aujourd'hui et les patients qui ont un cellier, pourront aussi l'y glisser jusque 2024.
Je préconise aux impatients de l'accompagner avec un homard - qui arrive bientôt sur le marché - au beurre blanc aromatisé de sel de truffe (léger sur la truffe)...
72 $ en importation privée / agence Cellier des Cigales : 514 352 2888

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23 avril 2019 par Monsieur Bulles
les réseaux sociaux Sans internet, ils n'existeraient pas. Et avant internet, ils existaient peu, ils n'avaient pas de crédibilité, certains ne connaissaient ni le vin, ni la gastronomie. La plupart ne travaillaient pas dans le vin ou la gastronomie, et la majorité ne travaille toujours pas dans ce milieu. Qui ça ? Les influenceurs (-ceuses). Leur force ? Le culot et l'ambition. Leur faiblesse ? Le culot et l'ambition.
Aujourd'hui, leur crédibilité est validée par leurs "selfies" et le nombre de "likes" sur leurs publications. Ils ne vantent pas leur pertinence lorsque vous les croisez, ils vantent leurs "likes"; qu'ils peuvent acheter, puis monnayer, pour pouvoir se faire de nouveau inviter dans les dégustations, les soirées, les évènements ou mieux, pour négocier un voyage, tous frais payés !

Le but est de se montrer. Et de montrer qu'on vous a regardé, qu'on vous a "liké" !

Car il n'est pas utile d'être compétent pour être influenceur (-ceuse). 
Il suffit d'être au bon endroit, au bon moment, et de le faire savoir. Et parfois, de copier/coller !

Et si vous postez un selfie avec une personnalité, souvent plus gênée qu'enjouée d'avoir été alpaguée, vous devenez l'influenceur (-ceuse) du moment, de la semaine, du mois, de l'année. 
L'influenceur des influenceurs, ouah ! 

A vrai dire, tout cela ne me dérange pas. 
Notre société vit à travers les petits écrans qui donnent l'illusion à ceux qui en abusent qu'ils ont la reconnaissance d'un public, même s'ils ne le connaissent pas, ce public. 
Ces petits écrans miroirs font du bien à l'égo; on se sent suivi, aimé, reconnu, voire désiré. 
Ils sont devenus essentiels pour nos ados qui traversent justement une période où tout doit se rapporter à leur égo. 
Les parents, les adultes, comprennent cette période, ils la subissent, ils en rient, ils laissent le temps faire son oeuvre. 
La vie est ainsi.

Cependant, les réseaux sociaux confirment un état d'esprit, propre à ce début de siècle : l'état "adulescent". 
Un adulte à l'esprit adolescent.
Y en aurait-il beaucoup chez les influenceurs (-ceuses) du vin et de la gastronomie ?

Ils n'affichent pas l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Ils s'affichent avec l'étiquette du vin, le verre de vin, la bouteille ou le vigneron. 
Et bien sûr, leur visage ou leur silhouette est bien plus visible que le produit montré.
Tout cela n'est que formel. Tout est dans la façade. 
À une époque où le poids des mots est occulté par le choc des photos, c'est bien normal. 
Que Paris-Match se le tienne pour dit !

Les réseaux sociaux sont des flatteurs d'égo et depuis qu'ils existent, on accepte ces manifestations, souvent pathétiques, qui illustrent une société en manque d'amour et, paradoxalement, en manque de communication. 
Parce que j'entends souvent l'influenceur (-ceuse) se défendre, en me répondant qu'il communique, qu'il donne son opinion, lorsque je lui manifeste mon avis au sujet de ses likes vantards. 
La preuve, me répond t-il, qu'il communique : ses milliers de "followeurs" attendent son opinion. Ses followeurs spontanés et... achetés.
Et pour mieux se justifier, il affiche aussi tous les "Award" qu'il a reçus, tous les pseudo diplômes accrédités seulement par l'entreprise qui les donne !  Et parfois, cette entreprise n'est que virtuelle, elle n'existe que sur internet ! Ben oui, autant s'auto-congratuler entre nous !

Peut-on s'entendre sur le fait que balancer 50 fois la même photo de soi-même, habillé ou en déshabillé, avec un steak frites, un verre de vin, une crème de jour ou un sac à main, debout, assis ou à quatre pattes, n'est plus une transmission d'information, mais bel et bien une transmission de sa névropathie. Presque un appel au secours...

L'influenceur (-ceuse) ne cherche que la reconnaissance d'autrui, aussi éloigné et inconnu, soit-il. Il pense communiquer, mais il communique avec son miroir, ses selfies. C'est plus rassurant. Et ça fait tellement du bien de compter les "likes" qui apparaissent. C'est le prozac du 21 ème siècle !

Je vous assure, tout cela ne me dérange pas. Non, ce n'est pas cela qui me dérange.

Ce qui me dérange aujourd'hui avec eux, c'est l'absence d'humilité et le désir de plaire à tout prix ! 
Au prix de dégrader leur propre image, sans même sans rendre compte. 
Parce qu'il y en a des honnêtes et des compétents, des influenceurs (-ceuses). Mais ils sont devenus minoritaires. 
Et cette minorité n'ose pas dénoncer la majorité. Elle est obligée de suivre, voire de subir les excès de cette dernière. La solidarité est un principe chez l'influenceur (-ceuse). Plaire à n'importe quel prix.

Au prix, par exemple, de dégrader le vin qu'il montre, sans même que le vigneron ou son représentant ne s'en rende compte. 

Comment ?
Par le plus vieux procédé du monde que l'homme ou la femme connaisse. 
En dévoilant sa plastique, en affichant ses courbes !

Le produit est devenu une excuse pour s'afficher de quelque bonne ou mauvaise manière que ce soit et surtout, coûte que coûte ! Glissez les bidous par ici...

Oui, je sais, certains lecteurs vont me répondre : "tu le fais aussi, on te voit avec tes bouteilles dans tes voyages, entouré de vignerons ou d'autres journalistes privilégiés".
En effet, je le fais aussi. Je me suis adapté. J'ai évolué avec mon temps. Un temps passablement bousculé, soit dit en passant, dans les métiers de l'information.
Et j'en suis plutôt fier parce que je suis issu de cette génération, née sous De Gaulle, qui a commencé au stylo ! Même pas à la machine à écrire ! J'ai touché mon premier clavier d'ordinateur à 25 ans ! Vous imaginez donc le grand écart d'adaptation : passer de l'encre à l'écran !

Alors oui, j'assume tout.

Mais vous ne me verrez jamais les fesses à l'air ou autre chose à l'air, avec une  bouteille à la main.
Et pourtant, je vous jure que je peux avoir les services du meilleur photographe au monde pour les mettre en valeur... ces bouteilles !

Les derniers billets de Marc Chapleau - celui-la - et de Marc-André Gagnon - celui-la - parlent clairement de Joanie Métivier qui, malgré la régulière couverture des dégustations auxquelles elle participe, prouvant sa bonne volonté professionnelle, ne gomme pas la façon aguichante et dérangeante de faire valoir cette dernière. 

D'où la controverse de ces derniers jours...

Dans tous les cas, Joanie Métivier doit avoir la caution et la considération de bien des agences de vins puisqu'elle reçoit régulièrement de leur part, des bouteilles et des invitations à luncher et à voyager avec son conjoint. 

Et elle s'est vue récemment offrir la rédaction en chef du magazine Vins & Vignobles, publication de référence dans notre domaine depuis 20 ans, au Québec. 
Elle l'a naturellement annoncé sur les réseaux sociaux. 

Quelqu'un a donc bien dû lui trouver de la compétence, au-delà de ses courbes dévoilées ! Non ?

Donc, à moins que ce magazine ne se glisse dans les prochains mois, dans le rayon des librairies où l'on place habituellement les revues de la catégorie "Adultes", laissons à la jeune femme le temps et la réflexion pour démontrer sa responsabilité, sa pertinence et sa légitimité à travers cette nouvelle fonction.

Comme la formule le dit : laissons-lui une chance.
Car, en ce qui me concerne, je préfère me convaincre - en fait, je l'espère - que Joanie Métivier traverse seulement sa crise d'adulescence...

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22 avril 2019 par Monsieur Bulles
lapiaz Michel Tissot a été parmi les premiers vignerons du Jura a faire pétiller ses vins dans les années 1920. Quant aux vins Henri Maire, ils sont devenus la locomotive de la région. Le vignoble Tissot a été racheté par le groupe Boisset il y a 15 ans et en 2014, ce dernier acquiert la maison Henri Maire. Il fallait des bulles pour symboliser cette association locale. L'expertise en la matière de Georges Legrand et Marcel Combes, responsables du succès des crémants de Bourgogne Louis Bouillot depuis 25 ans, a fait le reste ! La cuvée Lapiaz - nom d'une roche calcaire à rigoles, typique du Jura - est un emblème. Ne la manquez pas !
Commentaire du crémant du Jura Tissot-Maire - Cuvée Lapiaz - Brut : 

Expressive et pourtant délicate, cette cuvée offre de subtiles notes pâtissières (pâte feuilletée, sucre brun) au nez qu'on retrouve dès l'attaque en bouche avec quelques touches d'hydromel se laissant saisir en finale de dégustation. 
On apprécie une texture ronde, conduite par une effervescence maîtrisée aux bulles foisonnantes et nouées. L'enveloppe est quelque peu citronnée.
Ce crémant du Jura joue la carte du classicisme, celui du mousseux qui garantit un plaisir simple et qu'il est facile d'avoir en permanence dans son cellier. 
Surtout à ce prix.
Idéal à l'apéritif, le Lapiaz Brut de Tissot-Maire peut facilement convenir avec un jeune comté, coupé en petits dés, si vous aimez les accords régionaux !contre étiquette Tissot Maire

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20 avril 2019 par Monsieur Bulles
Rhum Rosemont Bouilleur de cru, Lilian Wolfersberger s'est fait connaître en élaborant le rhum Sainte Marie au Québec. Désormais, il dirige avec son associé Stéphane Dion la Distillerie de Montréal, sise au coeur de la ville. Toutes les eaux-de-vie sont issues d'un alambic charentais Chalvignac. Le rhum est élaboré à partir de mélasse provenant d'Amérique du Sud. Toutes les baies et toutes les épices arrivent fraîches et sont traitées sur place.
Comme je l'ai écrit dans un précédent article, afin que les règles en matière d'affichage des origines d'eaux-de-vie évoluent dans le bon sens au Canada, la Distillerie de Montréal est l'une des rares entreprises québécoises a réellement élaborer ses produits, sans importer l'alcool de base d'ailleurs.

Distillerie de Montréal 
Rosemont Rhum
Rhum blanc 
Canada, 750 ml 
Code SAQ : 14033401
40 $


La plupart des rhums blancs continentaux sont employés en cocktail, rarement en dégustation seule, en raison de leur souplesse et de la variété assez pauvres des arômes. 
Plus gras que ces premiers, ce rhum a également un degré d'alcool plus élevé (43%) que les autres, d'où sa distinction et des parfums plus riches, toutefois salins (iode, zeste) et une longueur en bouche appréciable. En ti'punch ou seul avec des huîtres.

Distillerie De Montréal 
Rosemont Rhum
Rhum ambré 
Canada, 750 ml 
Code SAQ : 14018359
36,75 $

Les épices sont bien là, elles explosent en bouche après une longue finale, à travers un caractère pimenté original et bien présent, minutieusement dosé, puisque non agressif.  
La chair est ronde, voire enveloppante grâce à une sucrosité qui rappelle à la fois les toffee et les bananes flambées. L'ensemble est séduisant, car la richesse gomme la puissance de l'alcool. Chocolat noir à croquer à prévoir...
Un rhum traditionnel du nord qui concurrence aisément ceux du sud !

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15 avril 2019 par Monsieur Bulles
Rotkäppchen Fondé en 1856, à une époque où une partie de l'Allemagne est encore la Prusse, Rotkäppchen (Le Petit Chaperon rouge, en allemand) qui était encore, avant 1989, de l'autre côté du rideau de fer, est devenue l'une des plus imposantes entreprises vinicoles sur la planète ! Championne des bulles allemandes (Sekt), elle en commercialise annuellement 180 millions de bouteilles ! Contrôlée par les Nazis, puis par Soviétiques et enfin par les communistes de l'ex RDA, elle vendait à peine 1,8 million de bouteilles avant la chute du mur de Berlin. 30 ans plus tard, elle en vend 100 fois plus !
Société basée à Freyburg en Saxe-Anhalt, elle n'élabore pas que des bulles puisque 45 millions de bouteilles de spiritueux et 25 millions de bouteilles de vins tranquilles sortent chaque année sous ses différentes marques. 
Rotkäppchen, c'est 55 % de la production du vin effervescent allemand !

En 2002, la société rachète à Seagram les marques Mumm & Co, MM Extra et Jules Mumm, laissant au groupe Pernod-Ricard le champagne GH Mumm. Un an plus tard, elle met la main sur la marque Geldermann qui va devenir son haut de gamme en matière de bulles, puis la marque Blanchet entre à son tour dans la société.

Le succès des bulles de la société passe depuis 20 ans par une communication publicitaire à l'année longue, tandis que la concurrence se réveille surtout lors du dernier trimestre de chaque année, visant surtout les fêtes de noël et du nouvel an. Si les Allemands sont les premiers consommateurs de bulles dans le monde, Rotkäppchen y est pour beaucoup.

L'autre point de la stratégie gagnante au niveau des Sekt de la société réside dans leur tarif : il est le même pour tous les vins ! 5 euros. Quel que soit le marché, le groupe vend ses vins au même prix. Si le détaillant offre un rabais ou augmente ce dernier, c'est lui qui assume les effets.

Lors d'une visite récente des installations, le directeur de production confiait que la chaîne d'embouteillage fonctionne 24h/24h, cinq jours sur sept ! 
50 000 bouteilles par heure sont etiquetées, emballées et expédiées !

Lorsqu'on analyse donc la gestion et les chiffres de l'entreprise, on ne peut être qu'admiratif.

Toutefois, le groupe a un souci majeur depuis longtemps : 97 % de son marché est allemand. 
Et si certaines étiquettes présentent une qualité honorable, capable de rivaliser avec les meilleurs effervescents internationaux, personne ne le sait. 
Le monde ne connaît, pour ainsi dire, aucune de ses marques. 

L'acquisition du prosecco Ruggeri en 2017 est à considérer comme une nouvelle étape dans l'évolution de Rotkäppchen : la conquête d'un marché international. 

Le petit chaperon rouge est sorti du bois. Va t-il s'attaquer à d'autres loups hors d'Allemagne dans les années 2020 ? Dans tous les cas, il est équipé pour le faire...


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Le voyage et les visites de domaines viticoles en Allemagne ont été organisés par Wines of Germany

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