1 déc. 2017 par Monsieur Bulles
Le Clos du Mesnil - Krug Jusqu'au XVIIIe siècle, dans la plupart des pays viticoles européens, les parcelles de vignes étaient closes de murs puisqu'elles étaient la propriété ou la location d'abbayes dont les moines étaient les principaux viticulteurs. Les terres appartenaient en règle générale à l'aristocratie régnante. Les vignobles étaient donc majoritairement regroupés en clos, en aires emmurées ou bornées, mitoyennes ou éloignées de la demeure principale, afin de délimiter un bien propriétaire. Paradoxalement, les régions qui présentaient peu d'enclos parce que relativement vastes, vont se métamorphoser en casse-têtes (Bourgogne, Alsace, Castille, Piémont) et celles qui apparaissaient déjà découpées vont ouvrir leurs surfaces (Rhône, Aquitaine, Toscane, Catalogne, Vénétie) en raison des bouleversements des sociétés. Si la notion de clos est historiquement réelle et utilisée dans la législation contemporaine des vins de Bourgogne, est-elle pertinente en Champagne ?
En ce qui concerne le nord de l'Europe viticole, ce sont les vicissitudes des révolutions sociales et notamment la redistribution des terres aux paysans à la fin du XVIIIe siècle qui entrainent ces derniers à protéger leurs dus, c'est à dire à clôturer ce que l'état leur a rendu (Bourgogne, Champagne, Moselle). Toutefois, les affres des conflits militaires qui suivent les révolutions citoyennes entraînent la destruction de la plupart des enceintes dans les campagnes : les batailles sous le Premier Empire effacent les délimitations. 

En Champagne, banquiers et marchands développent et proposent aux vignerons un système communautaire de distribution du raisin. Les clos se perdent parmi les 60 000 ha de vignes que comptent alors la région et leurs raisins complètent anonymement les différentes sources d'approvisionnement. Exsangue après le conflit franco-germanique de 1870, la crise phylloxérique, puis la Grande Guerre, la terre champenoise se reconstruit autour de ses villages érigés en crus et de son système de solidarité entre les négociants et les viticulteurs avant que n'éclate la Seconde Guerre Mondiale. 
Couloir d'invasion habituel, la Champagne est rapidement conquise par l'envahisseur allemand avec qui elle a appris à composer. En devenant son pourvoyeur de vins pétulants, elle va s'épargner certaines exactions et surtout, elle va sauver ce qui l'a toujours nourri, sa craie et ses vignes. 

Les années 1950 sont moins douloureuses que les années 1920. La reconstruction est plus pragmatique que morale, car le système champenois existe déjà. Les trente glorieuses vont asseoir son efficacité et confirmer son système de commercialisation qui passe par l'image et l'identification à un style de vie, une façon d'être et de paraître. On n'achète pas du champagne, on achète une marque parce que sa publicité nous a séduit. La force des marques de Champagne est d'avoir toujours été dans les tendances culinaires, ludiques et sportives du moment, quelles que soient les époques. 

Vin de luxe autrefois confidentiel et dédié à une élite, il a su devenir abondant et  populaire tout en gardant son rang de somptuosité. Ainsi ont dues être créées des cuvées particulières, pas meilleures que celles dites de prestige, seulement différentes, mais commercialisées au même niveau pour satisfaire le goût de l'unicité, du rare et de l'exception de certains amateurs.   
La commercialisation du champagne est reconnue pour être étudiée, soignée, stratégique, elle passe par une communication habile qui coûte très cher aux maisons. Pour défendre la notion de clos en Champagne, contradictoire à la notion intrinsèque de ce vin qui prône l'assemblage de millésimes, de crus et de cépages, une marque de champagne doit se montrer prudente, sincère et logique. On ne décrète pas non plus la commercialisation d'un clos comme cela. 

Le clos doit exister et figurer historiquement sur les registres parcellaires pour obtenir l'accord de l'Inao (Institut national des appellations d'origines). Comme la tendance est aux cuvées de clos en Champagne depuis l'avènement du 3e millénaire, de nouvelles bouteilles apparaissent sur le marché. Pourtant, certaines maisons ou certains récoltants possèdent une parcelle clôturée depuis des décennies qu'ils auraient pu exploiter de façon exclusive. Les vicissitudes commerciales des marchés traditionnels, l'apparition de nouveaux marchés - notamment est-européens et asiatiques - et surtout, l'engouement toujours plus grand de la part de consommateurs riches, pour des flacons rares, numérotés et dispendieux ont engendré le «clôturage» en Champagne.
Certaines cuvées de clos, rares et chères, sont devenus mythiques dans le commerce du champagne des grandes marques. La tendance étant aux séries limitées et au prestigieux, il était logique que parmi ces dernières, certaines se lancent dans l'aventure des flacons numérotés. Des cuvées provenant d'un clos recréé sont donc nées au cours des dernières années. Du marketing pur qui défend une authenticité relative, toutefois acceptable quand le vin est bon. Aussi, de modestes maisons familiales qui ne peuvent s'imposer comme les grandes marques élaborent des cuvées de clos depuis des décennies. Leur commercialisation est moins médiatique, l'étalage de superlatifs est moindre, cependant, elles sont aussi exemplaires. 

31 champagnes de Clos sont aujourd'hui commercialisés, 15 appartiennent à des maisons de Champagne. Les voici présentés dans le détail.         

Philipponnat   

La première maison qui a décidé de vinifier le raisin d'une seule parcelle délimitée, sans spéculer au niveau du marketing, fut la maison Philipponnat. En 1935, le grand oncle de Charles Philipponnat acheta 6 hectares de vignes d'un seul tenant clôturé, à la sortie du village de Mareuil sur Aÿ. Cet achat n'était pas motivé par les murs qui encadraient les rangs de vignes, mais par l'exposition et l'inclinaison extraordinaires de ces derniers. Exposé plein sud, face au canal de la Marne et à la réverbération de ses eaux, ce clos a la particularité d'être sur une pente oscillante de 30 à 45 %! Il est d'ailleurs appelé Clos des Goisses (gois = pénible en vieux champenois) parce qu'il est dangereux d'y travailler en temps de taille et de vendanges puisque les pluies fréquentes en Champagne, en font un vrai toboggan naturel. L'encépagement est constitué de 70 % de pinot noir et 30 % de chardonnay. Ils donnent un vin toujours millésimé si les qualités du cycle végétatif et la récolte sont jugées favorables pour concevoir la cuvée Clos des Goisses. Dans le cas contraire, le moût de ces vignes intègre les autres cuvées de la maison Philipponnat. Opulente, parfumée, torréfiée, la cuvée du Clos des Goisses est généralement mise en marché une dizaine d'années après la vendange. Selon les caractéristiques des millésimes déclarés, elle donne entre 10 000 et 40 000 bouteilles, toujours numérotées et précisées de la date du dégorgement.   

Bollinger   

L'autre grande maison de Champagne dont l'une des cuvées est sans doute la plus rare et la plus chère de Champagne, issue non pas d'un seul clos, mais de trois clos, est la cuvée Vieilles Vignes Françaises (une moyenne de 2000 flacons selon les millésimes déclarés). Les « Chaudes Terres », le « Clos Saint-Jacques » et la « Croix Rouge » constituent ces 3 parcelles clôturées formant à peine 60 ares dont la particularité est d'offrir seulement du pinot noir non greffé d'une terre pré-phylloxérique qui se reproduit en «foule» par marcottage. Ces parcelles ont été achetées par les aïeux de Ghislain de Montgolfier en 1758. Elles sont travaillées manuellement, comme autrefois, avec les outils d'antan! Cet artisanat se prolonge à la vinification et à l'élevage: la première fermentation du moût se fait en fûts de chêne, la seconde fermentation est évidemment en bouteilles, mais bouchées avec du liège et non par des capsules-couronnes métalliques. Le vin dort en moyenne 6 ans en cave, puis il est dégorgé à la volée avant d'être recouché pendant 3 mois. Cette cuvée a été créée en 1971, elle n'est vendue qu'à l'unité et même les enfants de Ghislain de Montgolfier, dit-on, n'en ont jamais bu! Riche, puissant, solide, ce vin respecte le style Bollinger qu'on trouve dans les autres cuvées de la maison. Notez que depuis 2004, les vignes de la « Croix rouges » ne servent plus ce nectar, car elles ont été finalement arrachées, puisque gagnées par le maudit puceron!   
  
Cattier   

Situé au sommet d'une colline de la montagne de Reims, près du village Sillery (dont le prêtre quitta la Champagne pour le Québec au 17ème siècle afin de construire le village éponyme, voisine de la capitale provinciale), le Clos du Moulin est finalement le seul champagne issu d'un vieux clos qui respecte la tradition des assemblages champenois puisqu'il s'agit d'un assemblage de millésimes pouvant varier selon la qualité des moûts annuels, issus à part égale de chardonnay et de pinot noir.  L'histoire de ce clos ressemble aussi à l'histoire du vin de champagne effervescent.  En effet, avant que le champagne ne pétille, ce clos appartenait à un aristocrate, officier du roi Louis XV, Allart de Maisonneuve, qui en tirait du vin tranquille avec les cépages autochtones d'alors, plantés en foule. Cette parcelle clôturée s'appelait alors « clos Allart ». Il fallut attendre la Révolution Française et la redistribution des terres aux paysans pour qu'on lui donne son nom actuel à cause d'un moulin de bois qui la surplombait. Ce dernier fut détruit par un incendie. Un moulin en pierre le remplaça, mais celui-ci ne survécut pas non plus aux deux conflits mondiaux du XXe siècle. Jean Cattier acquit le clos en 1951. Il élabora dès l'année suivante une production confidentielle de champagne issu des 2,2 hectares de ces vignes clôturées, classées Premier Cru. Respectant la tradition, la famille Cattier entreprend le pressurage sur un vieux pressoir dont on ne récupère que la cuvée, c'est à dire les premiers 2050 litres de moût. Il est fermenté ensuite dans des petites cuves émaillées, puis il subit une fermentation malolactique. Après la prise de mousse, le vin est conservé sur lie pendant au moins 8 ans dans les caves avant d'être dégorgé et dosé à 6 grammes par litre. Environ 10 000 bouteilles sont commercialisées.   

Krug   

Curieusement, le clos le plus connu dans l'univers des cuvées de Champagne est l'un des plus jeunes, du moins le vin qui en est issu, puisque le Clos du Mesnil, situé au coeur du village éponyme de la Côte des Blancs est répertorié depuis 1698. Il appartenait alors, comme souvent, à une abbaye bénédictine, puis il passa aux mains de différents paysans vignerons dont le dernier fut Jules Tarin. Celui-ci vendait ses raisins de chardonnay du Clos Tarin à Aimé Salon pour l'autre célèbre cuvée du même village, la cuvée S de Salon.    Le Clos a été acheté en 1971 par la famille Krug. Il prît alors le nom du village dont le terroir offre un minéralité et une pureté d'exception, propre à lui-même et non pas, parce que les rangs de vignes sont emmurés. Le Clos du Mesnil est une parcelle de 85 ares (0,85 hectares) plantée uniquement de chardonnay qui donne une cuvée toujours millésimée Blanc de Blancs dont la première bouteille fut tirée du millésime 1979.   Même Rémy Krug reconnaît que le Clos du Mesnil est une « contradiction dogmatique ». La maison Krug est reconnue pour sa cuvée unique « standard » nommée Grande Cuvée, comparable à maintes cuvées de prestige. Elle présente près de 50 vins différents issus des 3 cépages traditionnels champenois d'une vingtaine de crus et d'au moins 6 millésimes assemblés. N'est-ce donc pas paradoxal du style Krug que d'élaborer une cuvée avec un seul cépage, d'un seul tenant, d'une seule récolte, qui donne en moyenne 10 000 bouteilles. Seuls les chanceux qui dégusteront ce vin rare et cher auront une réponse qui peut, malgré tout, être précédée de celle de Rémy Krug : « dans la symphonie de nos vins, nous avons décidé de composer un concerto ». 
         
Claude Cazals   

Moins imposante, moins médiatique, mais tout aussi remarquable, la petite maison familiale Cazals installée au Mesnil-sur-Oger depuis 1897, dispose de 3,7 hectares de vignes clôturées à Oger, le village voisin. Les murs entouraient déjà cette surface particulièrement ensoleillée au point où le raisin de chardonnay qui y fut planté dans les années 1950 offre toujours une sucrosité supérieure à celui planté à l'extérieur de l'enceinte. Jusqu'au décès de Claude Cazals survenu en 1996, ce chardonnay emmuré servait les assemblages des différentes cuvées de la maison. En la reprenant, Delphine Cazals décide de créer un nouveau vin, aidé par Laurent Fresnet (désormais chef de caves chez Henriot). 2000 bouteilles furent tirées du premier millésime 1995 du Clos Cazals. Ce chiffre a doublé depuis, selon les récoltes déclarées. Une nouvelle cuvée, La chapelle du Clos, issue d'une sélection de vignes du Clos Cazals a vu le jour en 2014.

Billecart-Salmon   

Situé au centre de la commune de Mareuil-sur-Ay, derrière la propriété principale de la famille Billecart-Salmon, c'est un seul précieux hectare de pinot noir, planté en 1964, qui est récolté à raison de 10 000 kg par hectare, cet hectare !
 Travaillé dans la plus pure tradition champenoise, le vin issu est élevé dans des fûts bourguignons pour devenir le Clos Saint-Hilaire, en l'honneur du saint-patron de Mareuil-sur-Aÿ. François-Roland Billecart est à l'origine de cette cuvée de prestige qui a vu le jour en 2003 sur le millésime 1995. Depuis, l'exceptionnel millésime 1996 a été commercialisé. En moyenne, 5500 bouteilles numérotées sont vendues 250 euros chacune.     

Duval-Leroy   

D'abord lancé dans la gamme Authentis de la maison Duval-Leroy, le Clos des Bouveries est aujourd'hui une cuvée à part entière. Née du désir de Carol Duval-Leroy d'offrir des champagnes particuliers, des champagnes de terroir, du terroir champenois si complexe pouvant s'adapter à la gastronomie, 3 vins cohabitent dans le même esprit : deux champagnes de crus, c'est à dire de villages, le Cumières et le Trépail, et un champagne de clos, le Clos des Bouveries : un Blanc de Blancs issu de 3,53 hectares clôturés du village de Vertus, dans la Côte des Blancs.
 Sur une production de 5 millions de bouteilles pour l'ensemble des champagnes Duval-Leroy, le Clos des Bouveries représente 30 000 à 40 000 cols par an.     

Krug   

Krug a lancé un flacon plus rare que n'importe quel autre : le Clos d'Ambonnay 1995. Premier millésime Blanc de Noirs, issu de pinot noir donc, d'une parcelle de 0,68 ha du village éponyme ! 4000 bouteilles seulement pour la bagatelle de 2500 euros chacune ! Et bien sûr, on se les arrache ! Quelques semaines après sa mise sur le marché, une vente aux enchères caritative a eu lieu à Las Vegas et une bouteille du Clos d'Ambonnay s'est vendue 4400 dollars en 2010. Cela fait, en gros, 500 dollars le verre !   

Pommery

Provenant des clos murés (25 hectares de vignes plantées depuis le début du siècle dernier) qui entourent le domaine et le parc de la maison Pommery, la cuvée des Clos Pompadour est née en 2012, soit 10 années après que Thierry Gasco, chef de cave de la maison ait soumis l'idée à son patron Paul-François Vranken. 75 % de chardonnay, 20 % de pinot noir et 5 % de pinot meunier complètent ce vin, proportionnellement aux raisins qu'on trouve dans les clos. Non millésimée, cette première cuvée qui n'existe qu'en magnum (3000 flacons), provient tout de même de la vendange 2002, elle a été dégorgée en 2010 pour une commercialisation fin 2011. Le 2003 a également été sélectionné pour Les Clos Pompadour.
L'origine de son nom ? Peut-être parce que la célèbre marquise aurait dit : « Le champagne est le seul vin qui laisse la femme belle après boire. »

Lanson   

À Reims même, derrière le siège social de la maison Lanson, rue Courlancy, un hectare de chardonnay a donné quelques 8000 bouteilles du Clos Lanson pour le premier millésime 2006. Le vin a été partiellement élevé dans des fûts de chêne de la forêt d'Argonne, elle aussi de plus en plus à la mode. Cliquez ici pour avoir le commentaire du vin.

D'autres clos, moins connus...   

Clos des Chaulins - Champagne Médot à Pargny-les Reims. 
Parcelle de 68 ares limitée par une haie depuis 1927, plantée de 55 % de pinot noir, de 10 % de chardonnay et de 35% de pinot meunier au centre du village de Parny-les-Reims dans le massif de St Thierry. Chaulins vient du verbe chauler qui signifié autrefois "améliorer à la chaux". Ce champagne n'était pas millésimé et n'est plus commercialisé. La marque de champagne s'appelant aujourd'hui Lombart & Co, elle commercialise aussi le champagne Médot. (Société Lombard & Médot)

Clos des Champions / Clos de Cumières - Champagne Leclerc Briant à Cumières jusque 2006, aujourd'hui propriété d'un groupe nord-américain, rebaptisé Clos de Cumières.
Planté de 70 % de pinot noir et de 30 % de chardonnay, ce clos d'un demi hectare travaillé aujourd'hui biologiquement par Hervé Jestin est situé dans le village de Cumières. Il donnait autrefois un vin non millésimé. Lors de l'achat par le groupe Roederer de certaines parcelles de la famille Leclerc-Briant, ce clos n'a pas fait partie de la transaction. Le premier millésime 2012 du Clos de Cumières a été lancé en 2017.

Clos de l'Abbaye - Champagne Doyard à Vertus
Les vignes de ce clos existent depuis les années 1950, elles entraient dans les cuvée de la famille Doyard avant d'être exclusivement travaillées pour une cuvée unique de chardonnay (50 ares), depuis 2007.

Clos des Faubourgs de Notre Dame - Champagne Veuve Fourny à Vertus. 
1500 bouteilles d'un champagne Blanc de Blancs issu de 25 ares qui sont exploités depuis les années 1980, même si la parcelle est enregistrée depuis plus d'un siècle. Elle tient son nom de l'ancienne abbaye locale construite dit-on, sous l'invocation de Notre-Dame, après l'incendie de 1167 qui ravagea tout le village de Vertus. 

Clos Virgile - Champagne Portier à Beaumont-sur-Vesle. 
Situés dans un ancien verger de 24 ares emmurés, 70 % de pinot noir et 30 % de chardonnay donnent en moyenne 1200 bouteilles du Clos Virgile, élaboré par Jean-Louis Portier depuis le millésime 1999.     
  
Clos l'Abbé - Champagne Hubert Soreau à Cramant
Raisins plantés en 2004 sur une parcelle où trônait autrefois l'abbaye d'Épernay, ils font partie d'un ensemble appartenant à la maison Henriot. Une sélection sert le Clos l'Abbé créé par Hubert Soreau dont les premières bouteilles ont été commercialisées en 2012 (100 % chardonnay toujours millésimé). 

Clos Barnaut - Champagne Edmond Barnaut à Bouzy. 
Attention, il ne s'agit pas d'une AOC Champagne, mais d'une AOC Coteaux champenois, donc d'un vin tranquille. Issu de pinot noir d'une parcelle de 33 ares, ce vin rosé millésimé élaboré par Philippe Secondé est en quelque sorte la nouvelle concurrente locale de la troisième AOC de Champagne, exclusivement rose, le Rosé des Riceys.

Le petit clos - Champagne Jean Vesselle à Bouzy
Situé juste devant le siège de l'exploitation familiale de Champagne Jean Vesselle à Bouzy, une parcelle de 8 ares donne autour de 800 bouteilles par an du Petit Clos. Élaborée par Delphine Vesselle depuis 1995, cette cuvée Blanc de Noirs ne subit pas de fermentation malolactique. Son acidité préservée et élevée entraîne un vieillissement durant 9 ans dans trois barriques exclusives. Bien plus abordable que tous les autres « clos » du marché, le Petit Clos se détaille à 60 euros (100 $) !    

Clos du Château de Bligny - Champagne G.H Martel
Propriété du Champagne G.H Martel (famille Rapeneau) dans la Côte des Bar, il s'agit d'une immense  parcelle de 40 hectares composée des 6 cépages autorisés en Champagne. Le domaine fondé au 18ème siècle, appartenait autrefois au marquis de Dampierre. À noter que c'est un champagne de "château", notion quasi absente en Champagne depuis un siècle.

Clos Sainte-Sophie - Champagne Lassaigne à Montgueux
Le Clos Sainte Sophie à Montgueux , une parcelle de 1,2 hectares entourée d'une haie vive, est travaillé par la famille Lassaigne depuis le millésime 2010. Le futur champagne sera une cuvée de vieilles vignes de Chardonnay (plantées entre 1968 et 1975) et conjointement créé avec le propriétaire de ce clos, Monsieur Valton, petit-fils du fondateur de l'entreprise Petit Bateau. La première cuvée issue du millésime 2010 a été lancée en juin 2017.

Une anecdote ? Les premières vignes plantées au Japon au pied du Mont Fuji en 1877 proviennent du Clos Sainte Sophie.

Clos des Monnaies - Champagne Goutorbe-Bouillot à Damery
Co-propriétaires avec le champagne Eric Lemaire d'une parcelle de vigne dans un enclos au sein du village de Damery, la famille Papleux a décidé en 2010 de la vinifier  séparément pour créer un nouveau "Clos" en champagne. C'est une parcelle de 28 ares qui a été plantée par l'arrière grand-père de Bastien Papleux, Jules Goutorbe, en 1930. A l'époque 100% meunier, elle a résisté en partie à l'hiver 1985, mais un tiers à été détruit par la gelée. Elle a donc été replantée d'environ 10 ares supplémentaires de chardonnay en 1986. Située sur une ancienne fabrique de monnaies romaines de l'époque des Trente Tyrans (269 après J-C), le nom donné à la cuvée était tout indiqué. 

Une anecdote ? Les historiens sont encore partagés sur l'époque de la fabrique des monnaies: certains y voient un atelier clandestin sous le règne des empereurs Constant et Constance (autour de 340 ap J-C) et d'autres fixent cet atelier à l'époque des Trente Tyrans!
Cuvée vinifiée en fûts, sans fermentation malolactique, sans collage et sans passage au froid, le premier millésime lancé en 2016 est un 2010.

Clos Mandois - Champagne Mandois à Pierry
Une parcelle de 1,5 hectare de pinot meunier qui existe depuis les années 1950 et dont la demeure - un ancien relais de poste - qui est au coeur des vignes, date de... Louis XIV !! La cuvée est millésimée, très peu dosée (5gr), elle reste sur lattes une dizaine d'années, c'est donc le 2004 qui est actuellement commercialisé.

Clos de Bouzy - Champagne André Clouet à Bouzy
Les familles Clouet sont incontournables sur le grand cru de Bouzy depuis 4 siècles. Toutefois, cette cuvée de clos est celle de Jean-François Sainz-Clouet du champagne André Clouet. C'est un Blanc de Noirs qui sera commercialisé en 2018.

Clos Rocher - Champagne Gremillet à Balnot
Lancé en 2017 par la famille Gremillet (Jean-Michel et Anne, accompagnés de leur enfants) sur le millésime 2013, le clos Rocher est un 100 % pinot noir de l'Aube, issu de 1,4 hectares de vignes plantées à Balnot-sur-Laignes qui ont donné 2500 bouteilles.

Clos des Trois Clochers - Champagne Leclerc-Briant à Villers-Allemand
Le dernier né des clos déposé n'a toujours pas vu le jour avec son vin puisqu'il sera lancé en 2018 ou 2019... Issue d'1/2 hectare de vignes de chardonnay conduites en biodynamie, cette cuvée désirée par Frédéric Zeimett qui dirige la marque est déjà impatiemment attendue des amateurs... 

Clos A. Doré - Champagne Monmarthe à Ludes
À peine 2000 bouteilles sont issues de cette parcelle de 55 ares de chardonnay qu'élabore la famille Monmarthe. La parcelle était plantée de pommiers dans les années 1970, puis elle a été convertie en vignoble et a servie de laboratoire pépiniériste à l'INRA et au CIVC dans les années 1980. 

Clos des Belvals - Champagne Person à Vertus
Le premier millésime fut le 2006. Ce clos de 1,2 hectare, très récent, est géré par Dominique Person qui guide ses vignes de chardonnay cinquantenaire en biodynamie. Travaillée à la Bourguignonne, cette cuvée par ses saveurs, rappelle les grands Chablis.

Clos Jarot - Champagne Nowack à Vandières
Frédéric Nowack a donné le nom de l'ancien propriétaire d'une parcelle de chardonnay à cette cuvée de Clos, attendue et toujours sur lattes. Elle devrait être commercialisée vers 2022.

Clos Jacquin - Champagne Pierre Callot & Fils à Avize
Sans doute la cuvée de clos la plus méconnue, toutefois la plus épurée dans les saveurs, grâce à du chardonnay d'une cinquantaine d'année du Grand Cru d'Avize. D'abord millésimé lorsque lancé il y a 20 ans, ce champagne est aujourd'hui un Brut sans Année, ce qui lui donne une rondeur appréciable grâce aux vins de réserve.

Clos des Bergeronneau à Ville-dommange
Autour de 7000 bouteilles grâce aux 2,1 hectares de pinot meunier (et de pinot noir qui n'entre pas dans la cuvée) que soignent Véronique et Florent Bergeronneau-Marion.

Clos Bourmault - Champagne Christian Bourmault à Avize
Christian Bourmault exploite 6 hectares de vignes, dont 4 de chardonnay sur Avize et Cuis, et 2 de pinot noir dans la vallée de la Marne. Tirée sur liège, le Clos Bourmault est une cuvée de chardonnay Brut Grand Cru d'Avize conduit en biologique. 
Clos Lanson 2006
Attention, cet article est une mise à jour (2017) d'un reportage que j'ai écrit pour le magazine Vins & Vignoble en... 2004 ! Publié plus tard, en 2012, sur le site Monsieur Bulles, il a été plusieurs fois copié/collé/plagié plus ou moins subtilement par des journaux francophones, sans demande d'autorisation ou sans mention de référence. Ce sont les aléas du web et de la mesquinerie humaine...

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29 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Joseph Perrier Rosé Brut Autrefois, quand le champagne était sucré et plus perlant que mousseux, le coeur administratif de la Champagne était la ville de Châlons-sur-Marne, aujourd'hui Châlons-en-Champagne, où est implanté le dernier siège social d'une grande maison : Joseph Perrier. Jean-Claude Fourmon, descendant direct de la famille Pithois à qui Gabriel Perrier, petit-fils du fondateur, céda la marque en 1888, la préside toujours. Propriétaire d'une vingtaine d'hectares, cette maison, plus discrète que d'autres, dispose de caves de plain-pied où 3 km de galeries abritent les flacons dont des jéroboams, toujours dégorgés manuellement.

  



  




Lieu: 69, avenue de Paris BP 31  51000 Châlons-en-Champagne   

Téléphone : 03 26 68 29 51
   
Commentaire de la Cuvée Royale Brut Rosé:

Aussi classique dans ses flaveurs de fruits rouges et noirs (framboises, cassis, groseilles) que les rosés compétiteurs, celui-ci a cependant une touche zestée et une finale de zan, voire de vanille, qui le distingue de belle façon. 
L'effervescence est juste assez abondante en bouche, le volume est tendre (ce qui ne veut pas dire trop dosé), le corps qu'il enveloppe est ferme; c'est un rosé à la fois éclatant et sensuel, toujours constant dans le comportement et pourtant, trop discret sur les marchés. 
Les amateurs Québécois de champagnes rosés sont plus chanceux que d'autres, cette cuvée est désormais en SAQ, donc facile à trouver !

Noël frappe à nos portes, la période des fêtes est l'occasion de faire sauter quelques bouchons, voire de dépenser un peu... Essayez ce Brut Rosé en entrée avec une salade de pamplemousse rose, d'avocat et de chair de homard; l'effet est garanti ! Les mordus de bulles oseront la même cuvée sur un plat principal comme des cailles aux griottes et petits oignons caramélisés.

Bon appétit !
16/20 selon Guide Revel 2014 / 79,75 au Québec / Autour de 50 euros en Europe

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23 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Cave en Bourgogne Est-ce que les champagnes et les vins effervescents vieillissent bien ? Aussi bien que les vins tranquilles ? Et peut-on les mettre en cave plusieurs années ? Absolument ! Je dirais même qu'ils ont un potentiel d'endurance bien plus élevé que certains vins blancs ou rouges, supposément de garde... Mais comme pendant des décennies, la Champagne n'a pas commercialisé son vin comme un vin de garde et que toutes les autres appellations de bulles dans le monde ont suivi la grande soeur de la Marne, personne ne devine l'endurance de ces vins. Et pourtant...

Oui, le champagne et les mousseux de toute appellation de qualité se gardent ! 
Ils se conservent en cellier et se bonifient comme les autres. 
Cependant, comme les vins effervescents ont toujours été commercialisés comme des vins de célébrations, des vins à consommer dès leur achat - qu'il soit de Champagne ou d'une appellation de bulles - aucune marque n'a véhiculé leur potentiel de garde.

Bien sûr, des nuances sont à apporter. Et comme avec les vins tranquilles, tous les effervescents ne peuvent se conserver avantageusement. 

Si toutes les cuvées de bulles sont prêtes à boire dès leur commercialisation, certaines gagnent à être attendues un certain temps selon les caractéristiques gustatives aspirées. Les cuvées issues d'un seul millésime, de prestige ou non, ont généralement des potentiels de garde de plus de 15 années. 

Celles de Champagne vont évoluer comme un grand vin de Bourgogne blanc tandis que les mousseux d'appellation évolueront comme un vin blanc donné, dont le point commun sera le cépage ou l'assemblage de cépages.

Certaines grandes maisons de champagne véhiculent d'ailleurs, actuellement, cette réalité... ce potentiel de garde.
Alors que pendant des décennies, elles se sont attachées à vendre leurs cuvées pour être consommées de façon frivole, lors de réceptions et de fêtes où l'on tend son verre sans demander ce qu'on y verse, elles prônent aujourd'hui que le champagne est avant tout un vin blanc à part entière dont les paliers d'évolution gustative s'accordent adéquatement à table, sur des mets précis et travaillés. 

Et pour mieux démontrer les effets agréables du temps sur le vin de Champagne, certaines maisons mettent en marché de vieux millésimes, tardivement dégorgés.  
Moet & Chandon propose depuis dix ans ses vieux millésimes dégorgés quelques mois avant leur commercialisation, Veuve Clicquot a sa gamme de Cave Privée, De Telmont se fait connaître avec sa collection Héritage, Lanson offre ses "Vintage Collection" dégorgés à la demande depuis plus de 30 ans et ses Extra-Âge font le bonheur des amateurs. Quant aux Plénitudes de Dom Pérignon, elles sont les ambassadrices de cette évidence. 

Toutefois, ses cuvées restent rares et dispendieuses. 
Et puis, il y a une nuance à apporter : elles ont attendue en cave champenoise avant leur dégorgement tardif. Elles ont donc attendue en tant que vin blanc en phase de champagnisation. Ce sont des vins qui sont prêts à boire pratiquement juste après leur dégorgement.

Les Brut Sans Année, ces cuvées qui composent 90 % de la production, qui passent 15 à 40 mois sur lattes avant leur dégorgement et leur commercialisation, ce sont elles qu'il faut aussi découvrir comme des vins de garde. Ce sont elles qu'il faut oser glisser quelques années dans nos celliers personnels pour mieux apprécier leur comportement et leurs saveurs d'évolution. 

Faites l'essai chez vous: acheter le BSA de votre maison préférée et oubliez-le au moins 7 ans. Vous le retrouverez arrondi par le temps et ce dernier lui aura transmis des arômes insoupçonnables à travers des bulles, certes moins vibrantes que dans leur jeunesse, mais tout aussi persistantes si la qualité initiale était là.

Bref, même non issue d'un millésime ou d'une particularité qui en fait une cuvée spéciale, une bouteille de champagne a une endurance remarquable.Tourneurs dans une cave

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22 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Soirée Parc Canada Venez découvrir le champagne tel qu'il était au 19ème siècle et sa façon de le consommer. Une soirée originale où l'histoire de la société québécoise se mêlera à celle du champagne, contée à la Maison Cartier dans le Vieux-Montréal. Une occasion de visiter cette demeure d'époque tout en appréciant plusieurs bulles, du porto et quelques canapés...

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Réservez votre 30 novembre : 18 h / 20 h 30 - 75 $ - 458 rue Notre-Dame Est à Montréal / 514 283 2282

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16 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Gold Brut de Armand de Brignac Cette marque, élaborée par la famille Cattier, est depuis quelques années associée à l'artiste rappeur et homme d'affaires Jay-Z (Shawn Carter pour l'état civil) qui, en 2006, avait utilisé le flacon dans l'un de ses clips. Il a racheté en 2014 la société Sovereign Brands, qui a le monopole mondial de sa distribution. Il y a beaucoup de bavardage autour de cette marque (10 % de la production du champagne Cattier); elle alimente les débats sur le bling bling qui entoure aujourd'hui certains vins, commercialisés comme des produits de luxe... Je retiens quand même que cette cuvée incarne l'esprit fondamental du champagne : l'assemblage.




C'est la mère de Jean-Jacques Cattier, Nelly Cattier, qui a créé le nom De Brignac dans les années 1950, 
inspirée par le personnage d'un roman qu'elle avait lu. Toutefois, le prénom Armand (petit-fils de Jean-Jacques) sera déposé plus tard afin d'éviter la confusion avec les villages Brignac situés en Corrèze, dans le Morbihan et dans l'Hérault. La forme de la bouteille a été dessinée par la maison Courrèges; l'as de pique est un clin d'oeil à la monarchie française. 

De nombreux consommateurs s'étonnent encore que l'accent soit mis davantage sur le contenant que le contenu dans l'univers contemporain du vin. Dans cet article sur la Dichotomie, publié il y a quelques mois, j'explique pourtant que la Champagne, dès ses premières bulles, a joué avec la superficialité et l'authenticité de son vin.

Commentaire de la cuvée Gold - Armand de Brignac - Brut

Le flacon doré compte pour 85 % de la production totale de la marque. 
Il offre un champagne à la vinosité expressive, à la fois exotique (fruits jaunes, canne à sucre, carambole) et subtilement boisée. Les notes pâtissières sont légères, elles se laissent gommer par une effervescence crémeuse et accrocheuse dont la finale pourrait être plus briochée si le temps en cave était allongé. 
C'est un excellent BSA qui, cependant, ne pourra jamais satisfaire les attentes du connaisseur exigeant, amateur de cuvée de prestige, parce que dans la société contemporaine des consommateurs mondains, le contenant supplantant toujours le contenu, ce dernier sera toujours négligé par les puristes.
300 $ au Québec - Code SAQ : 11339149

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9 nov. 2017 par Monsieur Bulles
 Moët & Chandon La maison Moët & Chandon stocke encore le millésime 1892 dans ses caves construites en 1720. La vidéo ci-dessous présente Stanislas Rocoffort de Vinnière déambulant dans la réserve spéciale des plus anciens millésimes de la famille. Il commente chaque millésime depuis le 1900 jusqu'au 1943.

La vidéo a été tournée en 2006 en compagnie de Guénaël Revel lors de l'émission "Champagne" diffusée sur Canal Évasion au Québec

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6 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Ice Imperial de Moët & Chandon Elles sont apparues au début des années 2010 : des bouteilles enveloppées de blancs, parées de motifs dorés ou de couleurs tape-à-l'oeil. La Grande Maison (Moët & Chandon) en fut l'initiatrice, son succès a rapidement attisé la concurrence en Champagne et dans les autres régions de bulles. Retour sur une tendance où la qualité côtoie désormais la médiocrité, même à gros renfort de belles paroles promotionnelles...


Elles sont belles, voyantes et attirantes, de blanc immaculé vêtues, mais comme le dit l'adage: l'habit ne fait pas le moine.

La Grande Maison a créé sa cuvée Ice Impérial en 2010 pour être lancée progressivement sur les marchés. D'abord confidentielle et seulement positionnée dans les bars et les boîtes de nuit, son succès a fait le reste... La stratégie Moët-Hennessy a fonctionné, les bouteilles blanches ont ensuite envahi les rayons marchands de monsieur et madame tout le monde. Et comme toujours, la locomotive Moët a aiguisé la concurrence. Les wagons depuis, ne finissent plus de s'accrocher derrière elle.

D'autres marques de champagnes sont entrées dans la danse, puis les cavas, les proseccos et toutes les autres catégories de mousseux dans le monde, d'appellation ou non, déjà médiocres ou non.
Des noms ? En voici dans le désordre.
Lanson (précurseur en 2009), Nicolas Feuillatte, Pol Rémy, Bestheim, François Montand, Depréville, Frexeinet, Calvet, Gran Castillo, Veuve du Vernay, Blanc Foussy, Black Tower, Brut d'argent, Canti, Kriter, Listel, Maquis de la Tour, etc. 
Il y en a des dizaines d'autres.

Tous ont leur cuvée Ice enveloppée de blanc, la plupart ont déjà sorti leur Ice Rosé, enveloppée elle, de rose comme il se doit.

Bref, les bulles surfent sur la glace...

Et la glace elle, c'est à dire les glaçons qu'on nous invite à déposer dans le fond du verre pour mieux "apprécier" la qualité du vin effervescent, les glaçons eux, ben... ils sont bons. 
Normal. 
De la flotte en cube, en général, cela n'a que le goût de l'eau, donc encore heureux que la glace soit bonne !!

Mais le vin ? Vous savez, celui qui existe avant les bulles ? Il est comment le vin ?

Aujourd'hui il est juste sanitairement bon. Le marketing qui l'entoure a beau nous vendre ses origines, ses cépages ou son assemblage, il reste qu'on ne nous vend pas du vin, mais des bulles sur glace. 

Je ne vais pas commenter les recettes que chaque marque a développées pour le cocktail avec son Ice, car c'est exaspérant. 
C'est exaspérant parce qu'on prend le consommateur pour un con. Un con qui doit gober que c'est en ajoutant de l'eau gelée dans son champagne ou son mousseux, qu'il sera bien meilleur. 
Doublement con d'ailleurs parce qu'il doit ensuite apprécier la grande qualité du vin qu'on a additionné de morceaux ou de jus de fruits.

Le terroir est très très loin. Disparu le terroir. L'AOC s'est noyée dans les glaçons fondus de l'excellent cocktail. 

Car oui le cocktail est bon, mais je m'adresse ici aux directions des ventes de toutes les marques de bulles dans le monde : "pouvez-vous cesser d'enseigner à vos représentants commerciaux à dire des inepties pour mieux vendre votre cuvée Ice ?"

Parce que, que vos bulles soient dosées à 20 grammes, 30 grammes ou à 45 grammes (de sucre), ne croyez-vous pas qu'avec les jus, les fruits, voire un autre alcool, ajoutés dans le même verre, c'est bel et bien le sucre qui domine !! 

La glace permet en fait de liquéfier l'ensemble et de le rendre bon ou délicieux selon les goûts, et fidèle à la "recette particulière que vous avez mis des mois à concevoir exprès", d'après les belles paroles du parfait représentant qui a appris sa leçon.

Les cuvées Ice - qu'elles soient à 80 $ parce que le client veut une marque de champagne, ou à 20 $ parce qu'il s'en fiche - sont des bouteilles très rentables pour le barman parce que dans notre verre à cocktail, il y a un tiers de glace, un tiers de bulles et un tiers de jus. 
Globalement, on pourra faire 15 verres avec une bouteille !
L'idée du Ice est tout simplement géniale, car il y a derrière les cocktails qu'il alimente, un profit confortable : on les paye plus cher que les autres cocktails alors qu'ils présentent plus d'eau dans leur mélange.

Bref, remplissez-vous les poches et vendez-nous le plaisir d'un cocktail original qui désaltère, mais arrêtez de nous vendre une AOC !! 

L'AOC, vous l'avez congelée avec vos cuvées Ice.
JP Chenet Ice

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5 nov. 2017 par Monsieur Bulles
Pompe Champagne fresh La maison de champagne De Venoge l'a adoptée; c'est sans doute une preuve qu'elle fonctionne parfaitement. Je l'ai donc essayée avec plusieurs bouteilles ouvertes dont le volume restant de vin était différent. Verdict ?






L'idée est astucieuse.

Il s'agit en fait d'un bouchon stoppeur traditionnel, comme ceux qui existent déjà sur le marché et qui permettent de boucher une bouteille de vin effervescent entamée durant, en gros 48 h, selon le volume restant.

Toutefois, la tête du bouchon comporte ici une ouverture dans laquelle on introduit une pompe qui, au lieu de retirer l'air comme pour les bouteilles de vins tranquilles, en envoie ici dans la bouteille jusqu'au niveau restant du vin effervescent, le protégeant de l'oxydation et surtout, permettant la conservation du gaz par contre-pression.

J'ai donc tester cet énième gadget dans des conditions extrêmes, comme on dit... 

J'ai laissé l'équivalent d'un seul verre dans une bouteille entamée depuis 24 h; une façon radicale de savoir si oui ou non, le peu de gaz carbonique qui restait dans le vin ne serait pas "manger" par l'oxygène "enfermé" dans le reste de la bouteille.

Et bien, cela a marché !!
Je dirai même que le retrait du bouchon fut aussi franc que lorsqu'on débouche une bouteille de champagne neuve. Le "Pop" fut net et puissant.

J'ai fait le même exercice en laissant une bouteille à moitié consommée pendant une semaine au réfrigérateur. Résultat aussi efficace.

Combien cela coûte ? 
Autour de 15 euros en Europe, donc sans doute 25 $ lorsqu'il sera commercialisé chez nous...
Bouchon sans la pompe
Champagne Fresh est commercialisé par la firme allemande (êtes-vous surpris ?) Wecomatic

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30 oct. 2017 par Monsieur Bulles
Horizontale de Billecart La maison célèbrera ses 200 ans l'année prochaine. Elle s'est considérablement développée en Amérique du Nord, un marché de champagne plus ostentatoire que pointu où le bling bling prime davantage que l'authenticité. Et conquérir cette Amérique en mettant en avant l'être plutôt que le paraître est aussi l'une des qualités de Billecart-Salmon qui continue de faire des émules...
35 hectares en propriété, 75 hectares en fermage (location et contrôle de la vigne),175 hectares en approvisionnement (une trentaine de vignerons), autour de 250 ha en exploitation, voici globalement les chiffes qui établissent la maison basée à Mareuil-sur-Aÿ depuis 1818.

Les fondateurs de cette maison Nicolas-François Billecart et sa femme Élisabeth Salmon, encadrés par le frère de cette dernière, Louis Salmon, ont toujours conservé un aspect artisanal dans l'élaboration perfectionniste de leurs champagnes, déjà très appréciés des connaisseurs au XIXème siècle. Toujours familiale et indépendante (actionnariat de 45 % du groupe Frey par le biais de Montebello Domaines depuis 2005), elle est aujourd'hui présidée par François Roland-Billecart qui représente la 6e génération. A ses cotés, Alexandre Bader est à la direction générale et Antoine Roland-Billecart, le frère de François, à la direction générale adjointe en charge de l'export. Ce dernier est Commandeur de l'Ordre des Coteaux de Champagne depuis mars 2015.

Chaque parcelle est vinifiée séparément (200 cuves en acier inoxydable). 
17 hectares de pinot noir (50 ans d'âge en moyenne) sur Aÿ, Ambonnay et Mareuil sont consacrés au vin rouge pour la cuvée Rosé. La stabilisation par le froid afin de clarifier le moût est employée depuis les années 1950, une méthode utilisée pour la première fois en Champagne par le grand-père d'Antoine Roland-Billecart. 
La fermentation malolactique n'est pas systématique, mais adaptée selon les récoltes et les cuvées. Si le rosé d'assemblage est devenu le symbole commercial de cette maison, il ne faut surtout pas négliger les autres cuvées, moins prévisibles, donc plus surprenantes.
1,5 à 1,7 millions de bouteilles sont annuellement élaborées, il n'y a aucun achat sur lattes, aucun achat de vins clairs, la signature Billecart-Salmon est une signature maison dont les caves et leur labyrinthe de 3 km veillent sur 5 millions de bouteilles.

Cuvée Brut Réserve - 16/20 selon le Guide Revel - 63,25 $ au Québec

40 % de vin de réserve (base 2010) - pn, pm, ch - 7 gr par litre
Un champagne qui a du corps, très expressif en bouche à travers des arômes qui pinotent (noyaux, canneberges, cerises) sans gommer la tension générale et les accents plus délicats d'amandes. C'est une cuvée gourmande grâce à son effervescence moelleuse, accrocheuse en bouche et soutenue en finale par un léger caractère épicé. L'accord avec un fromage de cave de type vieux cheddar ou parmigiano Reggiano se montre souvent original et adéquat. Essayez-le.

Cuvée Extra-Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 74,75 $ au Québec

Une cuvée laissée en cave une année de plus que le Brut Réserve (4 ans et demi). L'attaque en bouche mord agréablement, les notes iodées sont présentes et pourtant, la caractère biscuité gagne rapidement - ce qui est rare pour un extra-brut -, tournoyant discrètement, dans une effervescence onctueuse. Curieusement court en finale ou peut-être dégusté trop rapidement, ce champagne s'est montré plus charmeur et plus long après l'avoir laisser s'oxygéner un quart d'heure dans le verre. Un extra-brut à la vinosité blonde établie pour une belle entrée de fruits de mer. Avis aux heureux dégustateurs donc.

Cuvée Blanc de Blancs - Brut - 17/20 selon le Guide Revel - 97 $ au Québec


C'est Antoine Rolland-Billecart qui a décidé de créer cette cuvée. Elle n'est composée que de grands crus.
Incisif et puissant, ce pur chardonnay a des accents d'eau-de-vie de poire et de mirabelle. Il est à la fois fin et solide, présente des bulles d'une finesse extrême qui pourtant ne provoquent pas de l'onctuosité, mais une texture enveloppante et longue en bouche grâce à une fraîcheur exemplaire, sans doute apportée par la vinification. On le privilégiera sur une entrée de crustacés ou simplement à l'apéritif.

Cuvée Brut Rosé - 16/20 selon le Guide Revel 2014  - 104,25 $ au Québec 

Produit depuis les années 1950, le Rosé de Billecart-Salmon fait partie des références champenoises dans la catégorie. Un style, selon moi, plus subtil que racé et plus délicat que corsé. Rien n'est exubérant au nez, tout est dans la suggestion et la discrétion : on décèle des notes de groseilles et de cake aux cerises. Le pinot noir est bien présent en bouche, par ses arômes de fruits rouges des champs, d'agrumes et de musc, la silhouette est plus tranchante que tapissante, les bulles sont fines, sans pour autant donner un volume trop crémeux. C'est un vin que les amateurs de rosés élégants et aériens apprécieront. 

Cuvée Brut sous Bois - 17/20 selon le Guide Revel- SAQ Signature au Québec à 102 $    

Le dernier né des vins de la maison est vinifié en barrique, puis élevé cinq années afin de lui donner de la chair. Il se montre expressif, confit dans les arômes de fruits, subtilement grillé dans les arômes d'élevage, toutefois moins que les premières cuvées expédiées lors de son lancement commercial; dans tous les cas charmeur et plein, et pourtant minéral dans l'expression de son enveloppe en bouche. La texture est satinée, construite par une effervescence soignée et onctueuse qui distille des notes tantôt exotiques, tantôt épicées pour finalement finir sa course sur une sensation gourmande avec quelques amers. Un champagne taillé pour la table, à la longueur aromatique remarquable.

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27 oct. 2017 par Monsieur Bulles
Lallier B de B Brut La maison Lallier est implantée à Aÿ, capitale du pinot noir en pays champenois. Pourtant, elle offre ici un 100% chardonnay dont une partie est agéenne; la majorité étant issue de la Côte des Blancs. Une originalité particulièrement accessible...




Commentaire de la cuvée Blanc de Blancs - Brut :


Le nez est étonnamment exotique, tourné vers le melon et le yaourt à l'ananas. 
On s'attend alors à un vin aussi expressif en bouche, mais on revient sur un caractère plus champenois où l'élégance prime. 
L'effervescence foisonne en étant plus aérienne que consistante, elle signe l'identité du chardonnay par l'enveloppe citrique dans le bon sens du terme, c'est à dire frais et tendu. 
Pas de rancio d'évolution ici, plutôt un fruité blanc assumé. 
Le style de la maison est maintenu: à la fois charnel et énergique. 

Les huîtres seront parfaitement accompagnées, comme la sole meunière ou le camembert artisanal. B de B
17/20 selon le Guide Revel - Code SAQ : 13369106 - 50,50 $

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